mercredi 26 juin 2013

L'Abbé Damien repose désormais pour l'éternité

L’Abbé Damien Likatenu Naweji, Curé de Notre Dame de la Paix-Mariapolis, a été inhumé ce mercredi 26 juin 2013 au cimetière des sapins de la Ville de Kolwezi. Il est décédé le dimanche dernier vers 21 heures à la Réanimation de l’Hôpital de la Gécamines où il venait d’être admis quelques heures auparavant dans la matinée.







Depuis quelques années, l’Abbé Damien souffrait. Il a porté sa croix stoïquement ne sachant à qui recourir pour enfin avoir accès aux soins appropriés. L’Abbé Damien est mort comme il a vécu : endurant les adversités d’où qu’elles viennent. Il ne s’en remettait qu’à son Dieu. Il savait qu’il allait mourir : il l’a dit à ses paroissiens lors de la messe du premier jour de l’an 2013. « Je suis sûr que nous n’arriverons pas ensemble avec moi à la fin de l’année, ma vie défaille, avait-il lancé ». Suivirent néanmoins quelques voyages pour Lubumbashi afin de se faire soigner.  Et puis alors ce sont des séances de dialyse. Il a parfois reçu un peu d’aide en argent de quelque bons amis de Kinshasa pour poursuivre ce traitement coûteux. Il savait que les jours approchaient. Mais, une fois à Kolwezi, il ne délaissait pas son ministère sacerdotal : jusqu’au bout, il devait célébrer la messe pour ses paroissiens… La mort a été l’aboutissement du long chemin de son existence. Certains le disaient méconnaissable : la souffrance, les médicaments et les traitements de dialyse l’avaient amoindri physiquement. Oui, la vie avait mûri en lui un autre être. Mais il a donné un sens à sa vie, malgré tout. Sa mort est conforme à sa vie.

Les dernières heures avant de rendre l’âme à la Réanimation, nous avons recueilli ses dernières paroles, il répétait sans cesse : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », et puis aussi il disait, comme un refrain : « Je remercie tout le monde ».
Avant la messe de requiem,  l'Abbé Damien a été accueilli dans son Eglise de Mariapolis. Puis, il a été conduit,  dans son sommeil éternel, à travers les artères de la ville de Kolwezi. Il est passé par l'Avenue Kabila, puis la sixième avenue, l'avenue Lusangas, la première avenue et enfin il débouchait sur l'avenue Kasavubu. Jamais plus il ne reverra ces avenues qui lui étaient familières.

A l’Eglise, ce mercredi, on a lu l’Evangile de Saint Luc qui disait : Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive… » La Croix, Damien l’a portée jusqu’au bout, à l’exemple de son Maître et Sauveur Jésus-Christ.



Au premier banc dans cette église cathédrale, là tout au bout du cercueil, se tenait sa mère, la main à la joue. A l’autel, en l’absence de Monseigneur l’Evêque du Diocèse de Kolwezi en réunion à Kinshasa, plus de soixante prêtres venus des Diocèses de Lubumbashi, Sakania-Kipushi et des quatre coins du Diocèse de Kolwezi. Dans l’autre rangée des bancs, au premier rang aussi avait pris place, l’Evêque Orthodoxe accompagné d’un prêtre tous drapés dans des habits religieux noirs. A côté d’eux : le Maire-adjoint, les deux bourgmestres des communes Dilala et Manika. En levant les yeux, on pouvait voir l’Eglise noir de monde. Et dehors c’était pareil. Combien de gens y avait-il ? Plus de 5 000 personnes. Tout Kolwezi s’était donné rendez-vous à la Cathédrale Sainte Barbe-Saint Eloi pour rendre un dernier hommage à cet homme qui fut pendant 28 ans, non seulement Curé de Paroisse, mais aussi Vicaire Général du Diocèse de Kolwezi et ensuite, Administrateur Diocésain de 1998 à 2001, après le transfert de Monseigneur Songasonga à l’Archidiocèse de Lubumbashi. C’est pourquoi beaucoup n’ont jamais cessé de l’appeler « Monseigneur Damien ».


L’Abbé Muzuka qui a présidé cette célébration a craqué à la fin de la messe, il n’a pu lire la dernière prière, alors que l’Abbé Jean-Marie qui devait dire l’homélie était aphone.
L'immense foule a parcouru la distance qui sépare la cathédrale des cimétières dans les chants et dans une procession interminable. Puis ce fut l'heure pathétique de la mise en terre: dernières prières, dernieres larmes, la terre est ensuite jetée dans la tombe où était logé le cercueil. Tu es terre, tu retourneras à la terre, terminait l'Abbé Gabriel qui a continué à présider les cérémonies. A Dieu Abbé Damien.



Mais qui étais-tu Damien?

L’Abbé Damien est né le 24 octobre 1956 dans le territoire de Sandoa, village de Malaïka.

Voici la biographie de l’Abbé Damien qui a été lue à l’Eglise.



Chers parents, chers frères et sœurs le Révérend Abbé Damien LIKATENU que nous pleurons et pour qui nous prions est Prêtre de Dieu, fils de l’Eglise, votre père spirituel et membre du clergé séculier de notre Diocèse.

Sa devise sacerdotale : « Seigneur que je vois » a été le leitmotiv de son parcourt et de sa vie sacerdotale.

Le petit mot que nous allons prononcer retrace succinctement sa vie et sa vocation sacerdotale depuis sa genèse jusqu’au jour où il nous a quitté.



1. FORMATION

Il a été baptisé le 15 Mai 1969 et confirmé le jour suivant de la même année. Il a étudié au petit Séminaire de KANZENZE et à l’institut KADIVA de KANSENYA où il obtient son Diplôme d’Etat en section scientifique, option Math-physique en 1977. Entré au grand séminaire Saint Paul de Lubumbashi, il y fait le cycle de Philosophie de 1977 à 1980 et celui de Théologie de 1981 à 1985.

Ordonné Prêtre Diacre à Lubumbashi, le 27 Janvier 1985 par son Excellence Monseigneur AMSINI, il sera ordonné prêtre à KANZENZE le 28 Septembre 1985 des mains de son Excellence Monseigneur SONGA SONGA.



2. MINISTERE SACERDOTALE

- Vicaire-économe à la paroisse Saint Jean BOSCO de KASAJI-LUEU de 1985 à 1988 ;

- Curé de Saint KIZITO / KASULO de 1989 à 1997 ;

- Vicaire Général du Diocèse de Kolwezi de 1995 à 1998 ;

- Directeur du Bureau Diocésain de Développement (BDD) de 1995 à 2001 ;

- Administrateur Diocésain de 1998 à 2001 ;

- Directeur de la Maison de la Province Ecclésiastique de Lubumbashi à Kinshasa de 2002 à 2011 ;

- Curé de la Paroisse Notre-Dame-de la paix Mariapolis de 2011 jusqu’au jour où le Seigneur l’appelé auprès de lui, ce 23 Juin 2013 à 21 heures.

Comme Prêtre, Monsieur l’Abbé Damien a été un homme de prière, au service de l’Eglise, disponible de travailler pour l’Eglise partout et dans toutes les circonstances.

Ce qui explique ses différentes fonctions en différents lieux et circonstances. C’était un Prêtre très engagé dans son ministère, il a administré le sacrement ; entreprenant, il n’a pas hésité de travailler de ses propres mains pour le bien de l’Eglise.

Il a rendu d’énormes services à l’Eglise et à l’humanité.



3. DE SA MALADIE

Comme Jésus l’a dit, quiconque veut me suivre qu’il porte sa croix et qu’il me suive. (Lc……..)

Monsieur l’Abbé a porté bien des croix, mais celle qui l’a conduit à la mort c’est la maladie des reins. Malgré les soins apportés, ce Dimanche il a fait une rechute et le destin a décidé autrement.

Comme prêtre et homme, Mr l’Abbé Damien LIKATENU nous a appris bien des choses et celles qui nous marquent sont :

*Volonté de bien faire

*Espérance malgré son état

*Dévoué et assistait à toutes les cermonies des confrères

*Dans le lit de malade, il a dit merci (3fois) à tous



Pour nous qui croyons, nous savons qu’il n’est pas mort, mais il dort dans le repos et la paix du Royaume de celui pour qui il a travaillé, notre Père Céleste.

Adieu Prêtre de Dieu !

Adieu fils de l’Eglise !

Adieu cher confrère !

Merci pour tout.

Tes confrères et amis pèlerins Prêtres de Kolwezi.

Cette biographie a été lue par l’abbé Emmanuel Kabey.



Alain Ket

mardi 1 janvier 2013

CONCERT DE NOEL ET CHANTS DE CUIVRE A LA CATHEDRALE DE KOLWEZI

La fête de Noël a donné l’occasion à la Chorale de Chanteurs à la Croix de Cuivre de la Cathédrale Sainte Barbe et Saint Eloi d’ouvrir l’année jubilaire de 75 ans d’existence. C’est par un concert des chants de Noël organisé le dimanche 30 décembre dernier dans l’Eglise Cathédrale que les célébrations jubilaires ont commencé. Les invités composés essentiellement des paroissiens de la Cathédrale ont eu à savourer le savoir-faire de la magnifique Chorale : après quelques chants de l’Avent le virage vers les cantiques de noël s’est vite effectué. On pouvait alors fredonner avec la Chorale le « Douce nuit », le « Minuit Chrétien » ou encore le « Il est né le Divin enfant » et « Adeste fideles »… Oui, tout le répertoire des chants nostalgiques de noël était au rendez-vous. Et pour honorer la mémoire des fondateurs Kiwele et Kilambwe, les jeunes chantres ont exécuté quelques pas de danse au rythme des chants de Cuivre.


La crèche de Noël Cathédrale Kolwezi












Une vue de la Chorale des Chanteurs à la Croix de Cuivre
pendant le concert














Le public de la cathédrale a répondu présent













En pleine exhibition



Les nouveaux membres sont aussi talentueux


HISTOIRE DE LA CHORALE DES CHANTEURS DE CUIVRE


Nous avons recueilli des informations notamment du Journal Mwana Shaba de la Gécamines dans son numéro 306 d’avril 1981 et d’autres sources dont nous vous donnons la synthèse ci-dessous.


La Chorale des Chanteurs à la Croix de Cuivre fut fondée en 1937 par le révérend Père Anschaire Lamorale, Missionnaire Bénédictin. Joseph Kiwele, ancien grand séminariste de Baudoinville (Moba), arriva alors à Lubumbashi comme moniteur à l’Institut Saint Boniface (Kitumaini), siège de la chorale. Parfait musicien et excellent organiste, il fut automatiquement adopté par le Directeur de la chorale qui en fit son adjoint.

Apportant un souffle nouveau à la formation, Kiwele s’occupa particulièrement de la musique bantoue, tandis que le Père Anschaire assurait à l’ensemble la musique classique et populaire de l’Europe. Les efforts de ce missionnaire furent couronnés de succès et la chorale connut l’honneur d’être admise dans la Fédération des Filiales des « Petits Chanteurs à la Croix de bois » de Paris sous le vocable de « Chanteurs à la Croix de cuivre ».



Les petits chanteurs à la Croix de bois de Paris

Joseph Kiwele au Bâtiment du 30 juin à Lubumbashi
à côté des missionnaires bénédictins
L’insigne de cette phalange, n’est autre que la croisette de cuivre, ancienne monnaie dans la Province du Katanga.
Epuisé, le Père Lamorale rentre en Europe et y meurt. Kiwele prend la direction de la chorale. C’est l’ère de la valorisation de la musique de nos ancêtres. En 1954, Kiwele découvre parmi ses musiciens celui qui allait le remplacer. En effet Willy Kilambwe Mulongwe se révèle musicien d’avenir. Le maître se charge spécialement de lui et en fait son disciple.

Appelé à d’autres fonctions sur l’échiquier politique en 1960, Kiwele fait effectivement appel à Kilambwe qui le remplaça. Kiwele mourut le 15 novembre 1961 à la suite d’une attaque cardio-vasculaire.


Le disciple, Kilambwe, alors employé de bureau à la banque commerciale Zaïroise, accepta de prendre le flambeau de la chorale. Devenu professeur de musique à Saint Boniface-Kitumaini, il fut ainsi le troisième directeur de la Chorale des Chanteurs à la Croix de Cuivre. La tradition sera observée et le répertoire de base gardé jalousement.

En 1968, Kilambwe donne un concert avec des chants de cuivre au Cercle Familia de la Cathédrale de Lubumbashi, lors de la réception organisée en l’honneur de Monseigneur Kabanga, nouvellement sacré Archevêque de Lubumbashi .


Quelques années plus tard, Kilambwe se retrouve à Kolwezi comme agent Gécamines. Toujours dévoué à l’Eglise, il prie à la Cathédrale Sainte Barbe et Saint Eloi dont le Curé est l’Abbé Christophe Remb Ey. Kilambwe est alors maître de la chorale qui portera le même nom de Chorale des chanteurs à la Croix de Cuivre.
Le répertoire de la Chorale des Chanteurs à la Croix de Cuivre comporte, bien sûr, des chants religieux, mais aussi des variétés d’une série des chants folkloriques. Ces morceaux font revivre les épisodes de la vie ancestrale au cœur de l’Afrique. Ils sont recueillis et notés par Kiwele à Bunkeya, à Nguba, à Kalemie, à Moba et ailleurs. Kilambwe a participé aussi à l’harmonisation et à l’arrangement de certains autres chants.


Un des fils Kilambwe battant le kyondo traditionnel
 Aujourd’hui la Chorale porte toujours le même nom, même s’il a perdu sa Croix de Cuivre. Trois fils Kilambwe y chantent encore dont l’un d’eux, est président de la chorale. Alain Kalenda Ket

vendredi 14 décembre 2012

COMPLEXE SCOLAIRE SALVATOR : HEUREUX ANNIVERSAIRE

Le Complexe Scolaire Salvator à Kolwezi a célébré aujourd’hui 14 décembre 2012 ses 10 ans d’existence. Tout a commencé par une messe présidée par le Coordinateur Diocésain des Ecoles Conventionnées Catholiques, Monsieur l’Abbé Alain Kalenda Ket avec une concélébration des Pères Salvatoriens Jean Schreurs et Emile Musungay ainsi que de l’Abbé Claudio Ivo.




Regine et les enfants

Après la messe qui a eu lieu à la paroisse Notre Dame de la Paix -Mariapolis, les invités ont été conviés à se rendre au Complexe Scolaire Salvator où un verre leur a été offert en même temps qu’ils suivaient les jeux et danses présentés par les élèves.


Jeux et danses



Le Complexe Scolaire Salvator est une œuvre de cœur. En effet Monsieur Bigotte dont le cœur était malade devait rentrer en Europe. Il avait un projet de construction d’école à Kolwezi sur un espace coincé entre l’Avenue Lubudi et l’Avenue Bunkeya au Quartier Industriel Mutoshi. Hélas sa santé l’en empêcha. Le couple Bigotte, d’un cœur généreux, se résolut à céder gracieusement aux religieuses Salvatoriennes en 1997 ce terrain, espérant que leur intention première serait respectée. En 2002 les braves religieuses se sont alors lancées dans la réalisation du projet souhaité par les Bigotte : le Complexe Scolaire Salvator est né dans ces conditions.


Soeur Jacqueline Mwakasu
Aujourd’hui, le complexe scolaire Salvator est constitué d’une école maternelle, d’une école primaire, et d’une école secondaire accueillant en son sein aussi bien les garçons que les filles. Les premiers diplômés d’Etat sont sortis de l’Institut Salvator l’année scolaire 2011-2012 en pédagogie et Commerciale-informatique. L’école secondaire est dirigée par la Sœur Gisèle Kad, l’école primaire par la Sœur Jacqueline Mwakasu et l’école maternelle par la Sœur Monique Kapemb. Le Complexe Scolaire Salvator s’agrandit et est confronté aujourd’hui au problème de l’exiguïté du terrain. Il est compté parmi les grands établissements scolaires des Ecoles Conventionnées Catholiques du Diocèse de Kolwezi. Prenant la parole pendant l’heure de la messe, la Conseillère et Vicaire Régionale, Sœur Kayakez Nasol Marie-Françoise (en l’absence de la Supérieure Régionale, Sœur Melpomène kayiba) a exhorté les élèves, les enseignants et les parents à la persévérance afin que puisse être pérennisée et que s’épanouisse cette œuvre d’éducation. La célébration du 10e anniversaire, en ce jour, restera gravée dans les annales de Salvator, a-t-elle conclu.


Soeur Kayakez Nasol

                                                                          Alain Kalenda Ket

vendredi 30 novembre 2012

Le Diocèse de Kolwezi en deuil: l'Abbé Dieudonné Mukaz n'est plus.

Le corps de Monsieur l’Abbé Dieudonné Mukaz Mutund Warrah N’Ankong a été porté sous terre ce vendredi 30 novembre 2012 après la messe des obsèques célébrée à la Cathédrale Sainte Barbe et Saint Eloi.


La messe a été présidée par l’Abbé Muzuka Gabriel et concélébrée par près de 50 prêtres en présence de l’Evêque Diocésain et de nombreux fidèles.





L’Abbé Gabriel a commenté les 3 lectures bibliques ci-après : Livre de la Sagesse3,1-6.8, puis 1 Thessal 4, 13ss et enfin Jean 6, 51-58. Il a notamment souligné que l’Abbé Dieudonné est décédé le Dimanche du Christ-Roi de l’Univers, c’est-à-dire le dernier dimanche de l’Année liturgique B et il est enterré ce vendredi 30 novembre 2012, en la fête de Saint André. Saint André marque le dernier jour pratiquement de l’année liturgique. L’Evêque reviendra, à la fin de la messe sur cette coïncidence qui marque la fin… Oui, le mois de novembre, dans l’Eglise, nous fait entendre les lectures de la fin des temps. La mort reste, malgré tout un mystère, a poursuivi le célébrant principal, l’Abbé Gabriel. Elle ne cesse de nous plonger dans la tristesse ou même le désarroi. Il en a été ainsi avec les Thessaloniciens à qui Paul s’adresse dans la lettre lue aujourd’hui, il en est de même pour nous à présent ? Et, Paul nous réconforte tous au sujet de la mort. L’Abbé Dieudonné n’est pas mort, il continue à vivre autrement, c’est cela notre espérance. Nous croyons, comme dans le Livre de la Sagesse, que son âme repose désormais entre les mains de Dieu.





















A la fin de la messe, d’autres mots de circonstance ont été dits. Le père du défunt a essayé de remercier simplement, mais les sanglots l’ont arrêté ; L’Abbé Jean-Marie Tambwe a parlé au nom des prêtres en tant que doyen, il s’est laissé prendre aussi par l’émotion et les larmes. L’Abbé Bavon Kakez, Chancelier, a parlé au nom de l’Evêque en remerciant les uns et les autres. Puis l’Evêque lui-même, avant les absoutes, a voulu souligné ce qu’a été l’Abbé Dieudonné pour lui. Il a déclaré qu’il a évité de céder à l’émotion s’il devait lui-même présider cette messe. Car il avait des liens particuliers qui l’attachait à l’Abbé Dieudonné : il a été son premier intendant et chancelier, en cette qualité, il fut l’unique prêtre à habiter l’Evêché. Jusqu’à ce jour, souligne l’Evêque, le siège de l’Abbé Dieudonné à la Chapelle de l’Evêché est resté vide. L’Abbé Dieudonné est celui qui a dessiné le blason d’Evêque de Monseigneur Nestor au moment de son sacre...

Biographie de l’Abbé Dieudonné. Il est né à Kasaji, le 25 octobre 1957. Il a fait ses études primaires à Kisenge, les études secondaires à Musumba puis à Sandoa. Il a ensuite été engagé comme enseignant à Sandoa à l’Ecole Primaire Lulua. Il interrompt cette carrière et voudra commencer tout autre chose : le chemin vers le sacerdoce: il fait alors les études de philosophie puis de théologie au Grand Séminaire de Lubumbashi de 1980 à 1988. Il est ordonné prêtre le 3 septembre 1988 à Sandoa par Monseigneur Songasonga. Il est nommé Procureur et aide Econome diocésain (1988-1991), Il est ensuite envoyé à Sainte Marie Dilolo-Gare comme vicaire paroissial (1991-1993), ensuite il devient Curé de Sainte Thérèse Dilolo-Poste (1993-1995) ; il revient à Kolwezi-Luilu comme Vicaire paroissial (1995-1997), puis Vicaire à saint Jean Musonoie (1997-2002) . A l’avènement de Monseigneur Nestor Ngoy Katahwa au Diocèse de Kolwezi, l’Abbé Dieudonné est nommé Secrétaire et Intendant à l’Evêché de Kolwezi (2002-2004). En 2004, il est muté à la cité Kanina où il est nommé Curé. Mais déjà, la maladie le guettait : la même année, il est frappé par une forte hypertension qui le paralyse. Il sera transféré à Lubumbashi à l’hôpital SNCC. C’est le début de son calvaire qui durera près de 7 ans. Il est envoyé aux soins à Kinshasa en 2007-2009 sans obtenir d’amélioration, au contraire, son état s’est empiré d’année en année. Revenu à Kolwezi, il avait déjà perdu la parole et la motricité de ses membres… Dans son réduit de la Procure de Kolwezi, il va écouler ses dernières années, jour après jour, dans la souffrance. Il était défiguré. Parfois la tentation de céder à la révolte et au découragement était forte. Mais il a accepté finalement sa souffrance. Plusieurs fois il a été admis à la réanimation de la Gécamines ; plusieurs fois il se retrouvait sur le lit des cliniques Gécamines dans un état difficile à accepter. Il en ressortait et reprenait sa chaise roulante de la Procure.

Ce dimanche 25 novembre 2012, il s’en est allé définitivement, au-delà de l’autre rive ! Des messes ont été dites depuis ce jour jusqu’à son enterrement le vendredi 30 novembre à Kolwezi et à la Procure du Diocèse de Kolwezi à Lubumbashi.















Les fidèles se sont donnés rendez-vous à la Cathédrale : Prêtres, Mamans Catholiques en uniforme, Kiros, Scouts, religieuses, élèves ont formé une longue procession à travers les artères de Kolwezi pour accompagner le défunt vers sa dernière demeure au cimetière des sapins. Chants, sifflets, tamtam, le cortège funèbre ne manquait pas d’éléments de curiosité. L’Afrique enterre son fils prêtre…
















Adieu Warra. Que nos larmes, nos chants et nos prières t’accompagnent vers la Maison de celui qui t’avait choisi comme prêtre, Dieu notre Père.

                                                                                           Alain Kalenda Ket

mercredi 10 octobre 2012

LES ECOLES DU CINQUANTENAIRE AU KATANGA

Une délégation provinciale du Katanga a visité du 21 au 26 septembre 2012 les Ecoles du Cinquantenaire qui devaient être bâties dans les trois territoires du District du Lualaba, à Kasaji (Territoire de Dilolo), à Kafakumba (Territoire de Sandoa) et à Musumba (Territoire de Kapanga).


Ecole du Cinquantenaire de Kasaji: vue de l'entrée



Dans une classe de l'école du 50

Le Chef de Division des TPI (avec chapeau)
Elle avait pour mission d’évaluer les travaux réalisés par les différents entrepreneurs ayant pris l’engagement avec le Gouvernement Provincial du Katanga de construire ces Ecoles.

La délégation était composée de trois personnes venant de Lubumbashi et de deux personnes de Kolwezi. Il s’agit de la Conseillère du Ministre Provincial de l’Education, Madame Mwange, du Chef de Division Provinciale des TPI (Travaux Publics et Infrastructures), Monsieur Swedi, d’un agent du Ministère Provinciale des Infrastructures, Monsieur Jean-Claude Kowa, du Proved de Katanga IV, Monsieur David Rukat et du Coordinateur des Ecoles Conventionnées Catholiques du Diocèse de Kolwezi, Monsieur l’Abbé Alain Ket.
Ossature des futurs ateliers (Kasaji)

Les travaux de construction de ces écoles ont été exécutés conformément au plan reçu de la Province du Katanga par différents entrepreneurs. L’entrepreneur de l’école de Kasaji a apparemment accompli un travail de qualité, celui de Kafakumba , bien que, pour le gros du travail, il a construit en matériaux durables, il n’est pas parvenu à parachever son ouvrage. C’est à Musumba que la délégation a trouvé une surprise de taille. La construction des bâtiments est presque terminée, mais hélas, l’entrepreneur n’a pas utilisé le ciment. Il s’est simplement servi de la boue pour construire des bâtiments aussi imposants. Le Chef de Division des TPI et toute la délégation n’en reviennent pas…

Kafakumba: des bâtiments inachevés


Musumba, simplement en terre rouge


La délégation n’a pas oublié de sacrifier à la politesse en rendant visite aux autorités locales : au Commissaire de District à Kasaji, au Mwant Yav à Musumba ainsi qu’aux administrateurs des territoires de Kapanga et de Sandoa.




La délégation au Palais de Mwant Yav à Musumba




Avec l'Administrateur territorial de Sandoa
Les écoles dites du Cinquantenaire sont construites dans la Province du Katanga, par le Gouvernement Provincial, dans le cadre de la célébration de 50 ans de l’accession à l’indépendance de la République Démocratique du Congo. Elles sont toutes des écoles techniques et professionnelles qui viennent de recevoir leur agrément par un Arrêté Ministériel émanant du Gouvernement Central de Kinshasa. Elles sont autorisées à ouvrir des sections telles que : La Construction, la Menuiserie, la Mécanique-auto, Pêche et Elevage, Agronomie, Chaudronnerie et Soudure… Elles sont implantées à Kasenga, Kalemie, Moba, Kongolo, Kamina, Kabongo, Malemba-Nkulu, Kasaji, Kafakumba et Musumba. La gestion de toutes ces écoles (hormis à Kabongo et Malemba-Nkulu où elle est Protestante) a été confiée à l’Eglise Catholique pour leur assurer une gestion efficiente. Une Convention a été signée entre les Diocèses représentés par leurs Evêques respectifs et la Province représentée par le Gouverneur.

C’est en principe, cette année scolaire 2012-2013 qu’elles doivent ouvrir les portes. Mais les réalités sont différentes selon les milieux et l’avancement des travaux.

A Kolwezi, la clarté de vue de Madame Le Maire, Cime Jinga, a permis à cette ville de construire sa propre Ecole du Cinquantenaire. Soucieuse d’assurer, de répandre et de développer un enseignement technique et professionnel pour la jeunesse congolaise qui est à Kolwezi, Madame Le Maire s’est investi à construire une coquette école appelée à s’étendre. Elle l’a d’ores et déjà confiée à l'Eglise Catholique et à la Province du Katanga pour sa gestion à l’instar des autres écoles du Cinquantenaire.


L'Ecole du Cinquantenaire de Kolwezi


Les Ecoles Techniques et professionnelles du Cinquantenaire répondent à une vision prophétique des autorités du Katanga. Que sera demain ? Ces écoles, nous l’espérons, nous donneront une nouvelle génération des hommes et femmes plus pragmatiques. A nos jeunes de comprendre la portée de ces œuvres.



Alain Kalenda Ket