jeudi 23 décembre 2010

ECHOS DES ECOLES CATHOLIQUES DE KOLWEZI


Heureuse année 2010. Pendant cette année qui décline, quelques écoles catholiques de Kolwezi ont bénéficié de la grâce de Notre Seigneur Dieu.
Ce mercredi 22/12/2010, le Maire de la ville de Kolwezi, Madame Cime Jinga a procédé au lancement de la construction de nouveaux bâtiments modernes pour l’Ecole Primaire Mwangeji au village Mwangeji.

Mme Cime Jinga, Maire de Kolwezi pose la 1e pierre
Abritée pendant des générations dans des bicoques, l’EP Mwangeji a toujours couru, en vain, derrière quelques hypothétiques bienfaiteurs.
Un jour du mois d'octobre, le Directeur d’Ecole et ses pauvres élèves ont appris que le Gouverneur Moïse passait sur la grande route, non loin de leurs bâtisses. Comme  l’aveugle de l’Evangile, le Directeur et ses élèves ont couru crier au Gouverneur : « Prends pitié de nous ».
Alors que la sécurité embarrassée par ces « emmerdeurs » voulait les écarter du chemin, le Gouverneur Moïse a vu les pancartes : « nous manquons des bâtiments ». Ayant reçu plus tard l’information sur le cas réel de cette école (photos des bicoques à l’appui), le Gouverneur a finalement résolu de construire de nouveaux bâtiments au village Mwangeji en faveur de cette école catholique.
Dans son discours de circonstance, le Maire de la ville est revenu sur cet épisode qui avait failli mal tourner pour le Directeur : « j’avais pour cela, interpellé le Coordinateur des Ecoles Catholiques ».  Et le Commandant de police de renchérir qu’il avait effectivement l’intention d’arrêter le Directeur qui avait exposé les élèves à la route. Aujourd’hui, c’est plutôt un jour de joie, car grâce à ce geste très osé, l’Ecole peut bénéficier de nouveaux bâtiments. L’ouvrage, qui comprend 6 locaux (classes), sera réalisé par l’Entreprise KARA-CONSTRUCTION.
Les élèves de EP Mwangeji dans une classe
Kara-Construction et le Coordinateur des Ecoles Catholiques

Les élèves, les enseignants et la population de Mwangeji,  venus assister à cette cérémonie,  ont vécu cette journée comme un rêve ou mieux, une renaissance de leur quartier. Mais, déjà leur village est ceinturé par des villas qui augurent une ère nouvelle : La nouvelle ville de Kolwezi naîtra certainement sur les cendres du village Mwangeji.

La population de Mwangeji assiste à la cérémonie


L’EP Mwanga wa Taifa située à la cité Manika est méconnaissable aujourd’hui. Jadis constituée de  3 imposants bâtiments aux murs lézardés et sans toiture, l’EP Mwanga wa Taifa se mourait.
Le Coordinateur des ECCATH, n’a pas voulu attendre tomber la manne du Ciel,  « Nous devons essayer de nous prendre en charge » : Les travaux de toiture ont ainsi commencé avec nos maigres moyens. La tâche paraissait impossible et le doute croissait  en nos cœurs,  lorsque quelques visiteurs européens accompagnés par les Pères Salvatoriens passèrent par notre piètre chantier. Ayant pris des renseignements sur cet ouvrage de l’Ecole catholique, ils décidèrent de financer la réhabilitation totale de cette école réduite aux vestiges des anciennes gloires : Renforcement des fondations, reconstruction de certains murs et colmatage, tableau, toiture, tôlerie, peinture … tant de travaux parmi d’autres qui ont transformé de fond en comble l’EP Mwanga wa Taifa.

EP Mwanga wa Taifa avant et après


Aujourd’hui Mwanga wa Taifa,  dont le nom swahili signifie « Lumière de la Nation »  brille de mille feux.
Un seul bémol pour le moment : les élèves s’asseyent à même le sol.

Le grand Lycée Mwanga pour filles, au cœur de la ville de Kolwezi,  a connu, à son tour, des travaux pharaoniques de réfection depuis 2009.
Le Gouverneur de Province, à la base de la réhabilitation de l’Ecole des Sœurs de Notre Dame, est venu en personne, le 22 juin 2010 célébrer la fin des travaux, et l’inauguration d’une nouvelle ère pour ce beau lycée.
De même l’EP Kanina située dans un quartier pauvre de la ville de Kolwezi pouvait jubiler si l’œuvre de construction initiée par l’ONG «Solidarity center » avait abouti.
Cette école semblable à celle du village Mwangeji, a été ciblée par l’ONG américaine  Solidarity center pour bénéficier de la construction de nouveaux bâtiments.
Malheureusement pour cette cité, les travaux de construction d’une école en matériaux durables ont été mal exécutés : certains murs se sont écroulés peu après leur construction, les travaux sont restés inachevés et Solidarity Center est parti.
La population et les élèves semblent être trahis… il faut songer à refaire l’ouvrage ou à le consolider.
Le Lycée Technique Juhudi de la Cité Manika a organisé le samedi 18 décembre 2010 une journée « Portes ouvertes » à l’intention des parents et des autorités scolaires, conformément au calendrier scolaire émis par le Ministère de l’EPSP (Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel).
        Les élèves ont présenté, explications à l’appui, leurs innombrables ouvrages pour révéler aux visiteurs leur savoir-faire : robes, jupes, blouses, etc., ont été exposées à la grande satisfaction du public.
Le Lycée Technique Juhudi et les élèves

        Le Lycée Juhudi est fondé en 1950 par les Sœurs de la Congrégation de Notre Dame. Anciennement appelé Institut Mère Alice, elle a organisé, à ses débuts, les enseignements Ménagers. Enrichi ultérieurement avec la section Professionnel de Coupe et Couture, c’est seulement en 1990 qu’il lui est ajouté le Cycle Long Technique. Jusqu’à ce jour, l’Ecole garde ses trois branches.
Aujourd’hui, le Lycée est dirigé par la Sœur Ruth Mwatsha. Le manque d’atelier de couture est l’une des difficultés qui tourmentent la SŒUR Préfet.

Les enfants de l’Ecole Gardienne « HAKIKA SAINT JACQUES » de la Cité GCM Mutoshi ont reçu la visite de Père Noël pour clôturer le premier trimestre, ce même samedi 18 décembre.  



Les enfants de HAKIKA

Cette école vient de voir le jour au mois de septembre dernier et est donc encore à ses balbutiements. Mais les enfants, joliment habillés, n’ont pas, quant à eux, balbutié. Ils ont fait preuve d’une éloquence exceptionnelle dans les récitations et les jeux. Ce qui a émerveillé et encouragé les parents de Mutoshi qui sont rassurés désormais de la bonne formation. Le nom Swahili de l’Ecole « Hakika », n’invite-t-il pas à l’assurance ! Merci Père Noël ou Saint Nicolas (à chacun de choisir) pour les cadeaux apportés aux mignons de HAKIKA.
Alain Kalenda Ket





dimanche 7 novembre 2010

La Sœur Marie-Armelle retourne en France


Monseigneur Christophe Remb Ey, Vicaire Général du Diocèse de Kolwezi a présidé l’après-midi de  ce dimanche  de la Toussaint (7 novembre 2010),  en la Cathédrale Sainte Barbe et Saint Eloi,  la messe d’au revoir à la Sœur Marie-Armelle. Elle est  une française de la Congrégation des Sœurs Chanoinesses de saint Augustin (Sœurs de Notre Dame). Outre une dizaine de prêtres qui ont concélébré, plusieurs religieuses et religieux et quelques pieux fidèles   sont venus entourer de leur affection la Sœur qui se prépare à retourner en France après 33 ans de vie missionnaire au Diocèse de Kolwezi.

Soeur Marie-Armelle dit au revoir ce 07 nov 2010

L’homélie du Vicaire Général s’est évertuée à faire ressortir, à la fois, l’importance de la sainteté dans la société humaine et la vie missionnaire de Marie-Armelle. Concernant la Société humaine, il a spécialement parlé de l’Europe, continent de la Sœur Marie-Armelle : « l’Europe a beau vouloir se débarrasser du   christianisme, mais sans tout à fait y parvenir parce que le sol européen est profondément imbibé de sang des martyrs chrétiens ». Quant à Marie-Armelle, le Vicaire Général a dit en substance qu’elle a été une vraie religieuse missionnaire  ayant mené une vie effacée mais efficace. Que donner à la Sœur qui va bientôt tirer sa révérence et qui s’est dévouée pendant tant d’années au service de notre société, Mgr Remb est revenu à l’Evangile des béatitudes, «  Nous lui donnons la première béatitude (restreinte) : un bouquet de notre pauvreté ».
Après la messe, une rencontre festive a été organisée dans la soirée  à Notre Dame des Lumières (Nyumba ya Heri). Il n’y a pas eu que le bouquet de la première béatitude comme cadeau offert à la sœur Marie-Armelle.
Un chant des consoeurs à Dada Marie-Armelle
LA SŒUR MARIE-ARMELLE GOURBIN
Elle est née à Hanoï au Vietnam le 18 novembre 1933. Elle est fille d’un officier militaire, Monsieur Henri Gourbin et de Marguerite Adam, tous français de Normandie. Elle a fait ses études primaires à l’Ecole Saint Sauveur-le-Vicompte. En 1968, elle interrompt ses études à cause d’une révolution des étudiants. Ayant repris ses études à la Légion d’Honneur en modernes, elle a obtenu son bac en maths. Elle a découvert les religieuses de Notre Dame à Saint Pierre-Eglise. En France, la Sœur a été professeur des Sciences, Géographie et maths. Elle est arrivée au Congo en août 1971 à Bagdolite, dans la Province de l’Equateur où elle a travaillé au Foyer Social et où elle assurait la catéchèse des enfants en lingala, a-t-elle précisé. C’est en août 1977 qu’elle débarque à Kolwezi. Un an après, elle est surprise par la guerre de 6 jours, opposant les rebelles Katangais au régime de Mobutu. Dans l’urne de ses souvenirs, elle se rappelle de biens d’autres événements vécus :  ‘’le massacre’’ des Etudiants de l’Université de Lubumbashi  en 1990, le pillage des villes en 1991,  l’effondrement du pont de Lualaba en 1992, les événements sanglants entre kasaïens  et Katangais (1992-1993) : ce qui a amené l’occupation de Notre Dame des Lumières (Lycée Mwanga) par les déplacés kasaïens. A ce moment-là, la Sœur Marie-Armelle était Supérieure de cette maison. Il y a aussi des événements heureux telles que les célébrations des Jubilés des sœurs de Notre Dame : 50 ans de la présence des sœurs à  Kinkondja ; 50 ans  de l’arrivée des Sœurs de Notre Dame à Kolwezi, la réhabilitation du bâtiment Mwanga par le Gouvernement Provincial du Katanga en 2009 ; puis dernièrement, le 22 et 23 octobre 2010 : célébration, au Lycée Mwanga, de 70 ans d’existence de la Congrégation Notre Dame en R. D. Congo.
RESPONSABILITES ET CHARGES
Dès son arrivée à Kolwezi, Marie-Armelle est professeur de couture et de religion au Lycée Technique Juhudi de la cité Manika. Par la suite, elle assurera la formation des religieuses et religieux à l’inter-noviciat des congrégations de Kolwezi. Elle a formé les sœurs de Notre Dame dans divers domaines : spiritualité, musique, liturgie, psaumes, couture, etc. Elle a été Mère-Vicaire en R. D. Congo pendant 6 ans, ensuite responsable de la Maison Notre Dame des Lumières (Mwanga) pendant plusieurs années, responsable au Noviciat… Au Diocèse, elle a travaillé dans quelques organisations : commission des délogés dans le conflit kasaïens-katangais, équipe de Protocole du Diocèse de Kolwezi, commission des ordination, à la Caritas diocésaine.

En entretien avec l'Editeur de Kolwezi News

De l’avis de tous, la Sœur Marie-Armelle est caractérisée par sa simplicité, son humilité, son silence dans l’accomplissement des différentes charges. Elle est une femme de relations, de dialogue et d’écoute. Sensible à la misère des autres, elle avait le cœur sur la main, comme on dit. Travailleuse inlassable, elle aime le travail bien fait. Appelée, Dada( grande sœur, en swahili) par ses consoeurs, Marie-Armelle avait  la confiance de toutes. Elle est restée, de ce fait, l’amie de tout le monde. Bon retour en France, Révérende Sœur.   Alain Kalenda Ket.  

mardi 26 octobre 2010

11 PERSONNES TUEES ET UNE TRENTAINE D’AUTRES BLESSEES



Le Ministre Provincial et Madame Le Maire assistent au culte

Le bus accidenté et éventré


La population  Kolwezienne a assité, avec émotion, ce lundi 25 octobre à l’inhumation de 11 corps des personnes victimes d’un grave accident de circulation survenu vendredi dernier à l’entrée de la ville de Kolwezi.
vue partielle des cercueils
Vendredi 22 octobre 2010, vers 8h00,  le grand bus de la compagnie FALCON ramène à toute allure à Kolwezi une soixantaine de travailleurs des entreprises MUMI (Mutanda Mining) et BAZANO. Le voyage de routine tourne au drame lorsque Falcon se heurte contre un  camion lourdement chargé de bière. Tout le flanc droit du bus est éventré,  les sièges des passagers sont à découvert : l’irréparable venait de se produire pour ces ouvriers qui revenaient du travail  de l’exploitation minière nocturne. On dénombre sur place  quelques morts, les autres vont rendre l’âme dans les hôpitaux de Mwangeji et de la Gécamines. Le bilan final est de 11 tués et plus de trente blessés. Toute la ville est alors en émoi, et les commentaires fusent de partout.
Le Maire de la ville, Madame Cime Jinga, convoque le même jour, le Conseil de Sécurité, réunissant les autorités de la ville et les responsables des Entreprises concernées par l’accident. La première chose que le Maire a demandée aux entreprises éprouvées est d’organiser d’abord des obsèques dignes pour ces travailleurs décédés au service. La suite du problème, a déclaré Madame Le Maire, serait examinée par les organes compétents (Inspection du Travail, Justice, etc.).
C’est ce lundi donc que, sous une pluie battante, Kolwezi entière vient de conduire à leurs dernières demeures les 11 corps des accidentés du vendredi. Le culte de funérailles a été célébré dans le Temple Méthodiste au Quartier Mutoshi devant une foule nombreuse et en présence du Maire de la Ville,  du Ministre Provincial des Mines, Monsieur Juvénal Kitungwa et des patrons des Entreprises MUMI et BAZANO.
Les patrons de Mumi et Bazano
Cris de détresse, larmes, évanouissements de certains membres de famille, bousculades ont marqué le début de la cérémonie lorsque, l’un après l’autre,  les cercueils sont introduits dans l’église. Le culte est présidé par le Surintendant. Différents discours funèbres ont été prononcés. Le Directeur Général de MUMI et Administrateur Technique du Groupe Bazano, Monsieur Marcel LENGE a déploré la perte brutale de ces  gens morts à la fleur de l’âge et a rassuré les familles éprouvées qu’elles ne seront pas abandonnées à leur triste sort.
La plupart des victimes étaient des jeunes gens dont l’âge varie entre 27 et 37  ans.
Ils rêvaient d’une fin de semaine paisible, mais c’est la mort qu’ils ont rencontrée sur leur route. La ville minière de Kolwezi essaie de panser ses blessures, de sécher ses larmes et d’espérer que tous ces jeunes morts et les autres anonymes que la terre engloutit régulièrement dans ses entrailles ne meurent pas pour rien. Alain Kalenda Ket


mercredi 13 octobre 2010

LE VICAIRE APOSTOLIQUE DE L’ARCHIPEL DES COMORES EN VISITE A KOLWEZI



Monseigneur  Charles Mahuza Yava, Vicaire Apostolique des Comores, a été accueilli ce samedi 09 octobre 2010 à l’aéroport national de Kolwezi.
A sa descente d’avion, devant une foule nombreuse  et en délire, Monseigneur  Charles s’est prosterné sur le sol kolwezien et l’a embrassé affectueusement.  Il était visiblement surpris par cette affluence des prêtres religieux et religieuses, fidèles anonymes, et groupes folkloriques  qui voulaient réserver un accueil chaleureux à ce fils du pays nouvellement  élevé au rang épiscopal par le Pape Benoît XVI pour le compte des Comores.  Après le bain de foule de l’aéroport, le long cortège des véhicules  a pris la direction de la ville où l’attendaient les élèves  avec en mains,  des drapelets blancs.  Chants cris, applaudissements  ont accompagné Monseigneur Charles jusqu’à l’Evêché. C’est là que Monseigneur Nestor Ngoy, Evêque de Kolwezi,  entouré de la curie diocésaine et des responsables des Congrégations,  l’a reçu à son tour et a offert un rafraîchissement au visiteur de marque. Avant de prendre son repos, l’hôte des Comores se devait de présenter ses civilités à Madame le Maire de la Ville de Kolwezi. Les deux personnalités se connaissent  de longue date.

Mgr Charles Mahuza à l'Evêché de Kolwezi

Cette journée n’était qu’un prélude à la grande célébration eucharistique qui devait s’en suivre le lendemain (dimanche 10 octobre 2010). Les chrétiens s’étaient, en effet donné rendez-vous au Domaine Marial où le Vicaire Apostolique a lu sa messe des prémices. C’était une messe de remerciements au Seigneur, à l’instar de l’Evangile de ce dimanche où parmi les dix lépreux guéris, l’un d’eux est retourné à Jésus  rendre grâce. L’action de grâce est un signe de foi (Heureuse coïncidence des lectures et de la journée festive). Pendant son homélie, Monseigneur Charles a fait voir, entre autre,  qu’il a été nommé par le Pape pour une terre où 99%  de la population sont des musulmans,  où il est interdit de convertir et où il ne s’occupe que de quelques rares étrangers. Faut-il un Evêque pour une communauté humaine comme celle-là, s’est interrogé Monseigneur Charles. Oui, a-t-il répondu lui-même, les voies du Seigneur sont insondables : c’est là qu’il est envoyé pour que progressivement l’Eglise de Jésus soit construite et grandisse. Les chrétiens des Comores, aussi minoritaires qu’ils soient, assurent une présence où la charité de Jésus-Christ reste agissante. Les Comoriens sont musulmans dès leur naissance, c’est la loi. Mais, parfois, ils viennent jeter un coup d’œil à notre culte chrétien. Y-aura-il un jour, liberté de religion aux Comores ? En tout cas, le grain est semé avec ce « Diocèse embryonnaire » dirigé par Monseigneur Charles Mahuza, dont la Devise est « vas plus loin ».  Dans son allocution à la fin de la messe, l’Evêque de Kolwezi, Monseigneur Nestor Ngoy a béni le Ciel pour les merveilles que Dieu accomplies : personne ne pouvait rêver ou programmé cet événement quelques mois auparavant, ni Monseigneur Charles, ni personne d’autre, c’est le plan de Dieu seul, a souligné l’Evêque de Kolwezi. Dieu confie Monseigneur Charles, non seulement à l’Eglise des Comores,  a poursuivi, Monseigneur Nestor, mais à l’humanité toute entière. Il a enfin énuméré les signes de la providence divine pour Monseigneur Charles : Charles Mahuza a été l’un des premiers prêtres congolais Salvatorien, il fut le premier Provincial congolais salvatorien,  premier Vicaire Apostolique des Comores, premier fils du Terroir à revêtir la pourpre épiscopale ; et dans un jeu de mots plaisant, l’Evêque de Kolwezi lance pour conclure : « Yava vas plus loin, ad multos annos  ».
Monseigneur Charles Mahuza va se rendre dans son village natal à Sandoa avant de revenir célébrer ses prémices en  la Cathédrale de Lubumbashi le 07 novembre prochain.

LE PREMIER VICAIRE APOSTOLIQUE DE L’ARCHIPEL DES COMORES
Le 1er mai 2010, Sa sainteté a nommé le Père Mahuza Yava comme premier Vicaire Apostolique des Comores et Mayotte (dans l’Océan Indien). L’ordination épiscopale a eu lieu le 19 juin 2010 à Moroni des mains  de Son Excellence Monseigneur Denis Wiehe, Evêque de Port-Victoria Seychelles et Président de la Conférence Episcopale de l’Océan Indien (CEDOI).
Au domaine Marial
Le P. Charles Mahuza Yava, S.D.S. est né le 29 juillet 1958 dans le territoire de Sandoa, Diocèse de Kolwezi, en République Démocratique du Congo. Il est membre de la Société du Divin Sauveur. Il a fait son noviciat en Tanzanie, Il a étudié la philosophie et la théologie à Kolwezi, au scolasticat Franciscain Bienheureux Jean XXIII. Il a prononcé sa profession perpétuelle à Kolwezi le 8 septembre 1991. Il a été ordonné prêtre à Sandoa le 8 mai 1993 par S.E. Monseigneur Songasonga. Il a exercé les charges suivantes : 1993-1994 : Vicaire paroissial  à Christ-Roi, Ntita dans le territoire de Kapanga ; 1994-1995 : études  de Spiritualité au Centre Sèvre de Paris; 1995-2000 : maître des novices à Kolwezi et ensuite à Lubumbashi ; 1997-2003 : Vicaire Provincial ; 2000-2003 : Recteur des étudiants ; 2003-2009 : Supérieur Provincial de la Vice-Province congolaise durant deux mandats successifs ; au deuxième mandat, il est plutôt Supérieur Provincial de la Province Salvatorienne d’Afrique(2006-2009) ; depuis 2010 : curé de la paroisse de Moroni (Grandes Comores). Le nouveau Vicariat Apostolique des Comores s’étend sur une zone de près de 2 033 km2, avec une population de 800 000 habitants. Il y a 6 000, catholiques répartis en 3 paroisses.  L’Administration Apostolique des Îles Comores (1975) a été confiée pour des dizaines d’années aux Frères Mineurs Capucins. En 1998, comme le personnel apostolique était moins nombreux, elle est passée à la Société du Divin Sauveur (Salvatoriens).
Le 21 juin, après l’ordination épiscopale, Mgr Charles a été reçu par le Chef de l’Etat des Comores.
Abbé Alain Kalenda Ket


dimanche 19 septembre 2010

EXPLOITATION DES RESSOURCES MINIERES A KOLWEZI : VERS LA CREATION D’UN FORUM DE CONCERTATION.




Délégation CERN et les Chefs Coutumiers de Kolwezi

La CERN (Commission Episcopale pour les Ressources Naturelles), conduite par le Secrétaire Episcopal, Monsieur Henri MUHIYA,  a entrepris la semaine  dernière de visiter les différents protagonistes de l’exploitation minière à Kolwezi. Il s’agissait pour elle, de présenter les membres locaux de l’Observatoire de la CERN à Kolwezi. La visite s’est effectuée notamment auprès du Maire de la Ville, Madame Cime Jinga, auprès des responsables de quelques entreprises minières, de SAESCAM, de la Société Civile et des Chefs Coutumiers. Partout où la Délégation de la CERN a été reçue, Monsieur Henri Muhiya a voulu établir des  passerelles pour une collaboration de l’Observatoire avec tous. Il a particulièrement insisté sur le dialogue entre les institutions et aussi sur l’échange des informations. Ce qui, au final, aboutirait à une exploitation rationnelle et apaisée de nos richesses. La CERN exerce son plaidoyer à différents niveaux, a poursuivi le Secrétaire de la Commission Episcopale : au niveau international, au niveau du Gouvernement et au niveau de la population. Les deux premiers niveaux sont des instances des décisions qui, souvent,  sont prises à l’insu et même en défaveur de la base (niveau de la population). Ainsi notre pays est proclamé comme étant extrêmement riche mais avec une population comptée parmi les plus pauvres du monde. Cela est anormal, a souligné Monsieur Henri Muhiya à ses interlocuteurs successifs.
La démarche de la CERN a été jugée  par tous comme pertinente et importante. Madame Le Maire de la Ville a encouragé l’Observatoire et a demandé de mettre « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », si non ce ne serait qu’une organisation de nom, sans impact et maladroite.
La Société Civile, présente sur terrain et qui œuvre déjà dans ce domaine par des actes bien connus de la population, ne pouvait que se rallier à pareille initiative. Le Secrétaire Exécutif de cette structure  a souligné que la ville de Kolwezi est entrain de se bâtir sur une poudrière : si on n’y prend garde, on court vers un réel danger d’affrontements multiformes. Il a parlé notamment   des creuseurs miniers artisanaux, ces jeunes gens que les multinationales obligent régulièrement de déguerpir  des sites d’exploitation minières, au gré des circonstances. Cette catégorie de la population est un groupe  hétéroclite, composée de personnes qui viennent d’horizons différents. A plusieurs reprises des heurts ont éclaté,  opposant les creuseurs aux forces de  l’ordre. La route Kolwezi-Likasi a été parfois occupée par ces creuseurs, empêchant toute circulation d’automobiles. On a parfois déploré des morts ou des incendies, par ci par là…  Et, aujourd’hui, les mécontentements enflent encore un peu partout et les révoltes des creuseurs que les autorités essayent de maîtriser tant bien que mal se multiplient.
Compte tenu de cette situation, la Société Civile négocie un Forum de concertation. La CERN se rallie à cette idée pour qu’ensemble on puisse parvenir à la création d’un cadre de médiation qui aurait pour membres, outre l’Autorité Urbaine et les Services Etatiques, La Société Civile et l’Observatoire CERN, les Creuseurs, les Syndicats des Entreprises, le Représentant des Chefs Coutumiers… Dans un meilleur délai, ce Forum sera mis en place et constituera essentiellement un cadre de prévention et de  règlement des conflits.
La rencontre avec les Chefs Coutumiers avec, à leur tête, leur Président, le Chef Mwamfwe a confirmé les inquiétudes qui existent dans cette ville de Kolwezi. Ils ont spécialement fustigé le manque de considération dont ils sont l’objet de la part des Entreprises d’exploitation minière. Les Chefs de terre peuvent être délocalisés selon les intérêts des multinationales. Qui cède la terre à qui finalement ? Ou bien encore, qui des entreprises minières ou des Chefs coutumiers se retrouvent dans la concession d’autrui, ont-ils questionné. Les Chefs coutumiers de Kolwezi ne peuvent donc pas tolérer la suprématie du code minier sur le code foncier. Ils demandent que cessent les quadrillages de leurs terres à partir des bureaux de Kinshasa ou des Etats-Unis, sans les consulter. Ils estiment avec véhémence, que tous les contrats miniers doivent être revisités pour que les habitants de Kolwezi y retrouvent leurs comptes.
Bref, les parties en présence aspirent à la tenue de ce Forum et à la création d’un cadre permanent de dialogue et d’information. C’est ce désir qui a été spécialement attisé par la CERN lors de ses activités du 16 au 18 septembre derniers. Abbé Alain Kalenda Ket.