lundi 24 octobre 2022

DIMANCHE DE LA MISSION A MPALA DANS UNE ANCIENNE MISSION-FERME
Abbé Alain Kalenda Ket



 Monseigneur Richard Kazadi a effectué une visite pastorale ce dimanche 23 octobre 2022 à la mission Mpala, près de Kanzenze, à une cinquantaine de kilomètres de Kolwezi. Il a choisi le Dimanche de la mission universelle pour communier avec les habitants de cette ancienne Mission franciscaine, un village niché dans la plaine du site préhistorique de Kamoa.


 La célébration eucharistique était au centre de cette journée dominicale qui a rassemblé, dans sa petite église encore intacte, non seulement les fidèles de Mpala mais aussi ceux des villages environnants. Un beau monde qui a transformé, pour une journée, l’ambiance de solitude du hameau. Une dizaine de jeunes garçons et filles ont reçu, au cours de cette messe, le sacrement de confirmation. Ce fut une célébration très animée dont les habitants se souviendront longtemps encore. 

Après la messe, l’Evêque a présidé un Conseil paroissial avant de passer à la réunion avec les Mamans Catholiques. Tous ont renouvelé leur engagement devant l’Evêque à faire mieux pour les jours à venir et à redynamiser les activités pastorales la communauté chrétienne de cette vieille mission. Les Mamans Catholiques (près de 70 personnes) ont été les plus dynamiques et les plus promptes à répondre à l’appel missionnaire leur lancé par l’Evêque.


 Deux prêtres diocésains vivent dans cette mission qui ne s’est jamais relevée de ses stigmates de la guerre de 1978, dénommée ‘’guerre de 80 jours’’. Pendant cette guerre, la mission fut partiellement incendiée et détruite. Aujourd’hui, l’Evêque a visité les ruines qui n’ont pas du tout perdu les traces de leur splendeur d’antan. Ce n’est point une simple visite de villégiature : le nouvel Evêque a inspecté les ruines pour entrevoir la réhabilitation des bâtiments. 
Dès ce dimanche, maçons et menuisiers sont sélectionnés illico ; le ciment sera acheminé au cours de la semaine qui commence, la carrière de sable est à proximité. Tout est mis en œuvre pour que la mission renaisse bientôt de ses cendres, 44 ans après sa chute. Quelques mois auparavant et peu après son avènement au Diocèse de Kolwezi, Monseigneur Richard était déjà venu en ces lieux à plusieurs reprises en visite de travail où il a entrepris les travaux de curage du canal d’irrigation, planté un verger et commencé un élevage des chèvres… L’histoire de la mission franciscaine de Mpala remonte aux années 1940. En 1939, l’Europe s’embrase dans la guerre (Deuxième guerre mondiale). La métropole ne pouvait plus offrir à ses fils missionnaires les vivres dont ils auraient besoin. Il fallait donc trouver des solutions locales dans la colonie, le Congo. C’est alors qu’on créa la ferme de MPALA à 13 kilomètres de la grande mission de Kanzenze et à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Kolwezi. Très vite, cette ferme devint une entreprise importante d’élevage, d’agriculture et de menuiserie. Les missionnaires ont fourni des vivres et des meubles pendant des décennies, non seulement aux autres communautés franciscaines mais aussi à la ville de Kolwezi. Tout cela était déjà oublié. Aujourd’hui, en ce dimanche de la mission, la Mission MPALA se retrouve devant une aube nouvelle. Bientôt les bâtiments pourront reluire à nouveau. Le village pourra retrouver un nouveau visage, Deo iuvante (Avec l’aide de Dieu). 



MONSEIGNEUR RICHARD A LA PRISON DILALA

PRISON DE DILALA : MONSEIGNEUR RICHARD CÉLÈBRE LA SAINTE MESSE POUR LES PRISONNIERS. 
Abbé Alain Kalenda Ket



A la prison de Dilala de la ville de Kolwezi, Monseigneur Richard Kazadi Kamba a exhorté les détenus à garder la foi en Dieu qui continue à les aimer malgré les moments difficiles d’incarcération. C’est lors d’une messe célébrée par l’Evêque de Kolwezi ce jeudi 20 octobre 2022 dans la cour interne de cette prison,  qu’il a adressé ces paroles de la miséricorde de Dieu envers toutes ses filles et tous ses fils.

Monseigneur l’Evêque a largement insisté sur l’amour de Dieu envers tous et la conversion conséquente qui s’impose: le temps de prison, a-t-il dit, doit être pour chacun un moment de prise de conscience sur le passé, le présent et l’avenir.

 Pour les prisonniers et leur Directeur de prison ce jour est vraiment exceptionnel, il est porteur de bénédictions abondantes. Tantôt assis à même le pavé, tantôt debout, les prisonniers ont exulté, chanté et dansé ; ils ont levé les mains au ciel, crié, imploré le bon Dieu pour qu’il les délivre. De la prière calme et pieuse, la population du centre pénitentiaire de Dilala passait parfois sans transition à la joie délirante. Toutes les émotions y étaient à la mesure de l’espérance apportée par la bonne nouvelle prêchée par l’Evêque de Kolwezi sous la chaleur torride d’octobre. 



La chorale MALKIA de la cathédrale qui avait accompagné l’Evêque à cette célébration eucharistique a offert aux prisonniers un ballot d’habits usagés et a préparé un repas de circonstance pour cette population carcérale estimée quelques centaines de personnes, hommes et femmes. 

Directeur de Prison, M. Tshikandji




dimanche 16 octobre 2022

UNE INTENSE ACTIVITE CE WEEK-END POUR MONSEIGNEUR RICHARD KAZADI

 Cette fin de semaine, Monseigneur Richard Kazadi a enchainé entre les célébrations eucharistiques et les poses de première pierre sur différents sites dans la ville de Kolwezi. Ce samedi 15 octobre 2022, il a présidé la célébration eucharistique pour les écoles des filles de NOTRE DAME au Lycée Mwanga dans la Commune de Dilala : Il s’agit de l’Ecole maternelle NYUMBA YA HERI, de l’Ecole primaire EP6 MWANGA et du LYCEE MWANGA. Cette messe rentre dans le vaste programme du mois missionnaire d’octobre, dans le cadre des ŒUVRES PONTIFICALES MISSIONNAIRES (OPM).



 En même temps que la célébration de cet avant-midi a été très animée et chaudement chantée, la piété et la discipline de ces élèves de Notre Dame étaient, d’autre part, remarquables. Dans son homélie l'Évêque a noté d'abord qu'en acceptant d'assister à cette messe, ces jeunes élèves reconnaissent la présence de Dieu dans leur vie et par là, elles s'humilient devant leur créateur. Ensuite, il a leur a demandé d'être à l'écoute de la voix de Dieu, par la prière personnelle et le silence, d'être des arbres qui portent de bons fruits d'être des filles qui fuient le péché. Voilà la meilleure façon, a-t-il conclu, de préparer l'avenir. Il a dû recourir parfois à des dialogues avec ses jeunes auditeurs. La célébration s’est poursuivie dans l’allégresse avec des marques de générosité manifestées dans les différentes offrandes des élèves et de leurs enseignants. Les sœurs de NOTRE DAME qui dirigent ces écoles étaient aussi aux anges. Voici par ailleurs les prochaines écoles programmées pour les visites pastorales de Monseigneur Richard dans le cadre des OPM : Le Collège du Lualaba, Le Lycée Umoja, le Lycée Juhudi, le Complexe scolaire TUPENDANE, le Complexe scolaire Saint Charles Lwanga, le Complexe scolaire Saint Kizito et le complexe scolair TUJENGE. Le calendrier de ces écoles va du 15 octobre au 1er novembre 2022. LA POSE DE LA PREMIERE PIERRE A KAMISAMBA.

 L’après-midi de ce même jour, l’Evêque a fait route pour une visite en brousse à une quinzaine de kilomètres de la ville de Kolwezi à KAMISAMBA. Il a posé la première pierre de construction d’une nouvelle église dans ce qui n’est encore que brousse. En réalité, l’espace est déjà loti et les habitations entourent déjà cet espace disputé aux prédateurs qui veulent l’occuper. Les Pères Salvatoriens à qui est attribuée la pastorale de cette contrée ont accueilli Monseigneur l’Evêque. Une des chorales de la Paroisse Saint Charles Lwanga/ Diur était présente sur les lieux. La prière de bénédiction, la pose de la première pierre par l’Evêque et la visite du terrain de 100m/100 ont constitué les différentes étapes de cette cérémonie enrichie des mélodies swahili de nos églises. CELEBRATION EUCHARISTIQUE SUR LE SITE DE MUSOMPO Ce dimanche matin 16 octobre 2022, le rendez-vous est pris pour aller à la bourgade de Musompo. Monseigneur Richard y a présidé la messe de ce 29e dimanche accompagné par des prêtres Salvatoriens et des Abbés L’objectif final est de procéder à la pose de la première pierre pour la construction d’une nouvelle égliseà Musompo. « Vous ne serez plus une chapelle. Nous construirons ici une grande paroisse, grâce à votre persévérance dans la foi. Et Dieu a fini par répondre à vos prières, a dit Monseigneur l’Evêque qui expliquait l’Evangile de ce dimanche basée sur la persévérance dans la prière ». (Moise restait les bras levés sur la colline pour soutenir les Israélites dans leur bataille. (Exode 17, 8-13). La veuve harcèle le juge pour obtenir justice, signe d’une foi sans faille que Dieu finira par répondre à nos prères.(Luc 18, 1-8). Monseigneur Richard est, ainsi le premier Evêque à célébrer une messe sur le sol de Musompo, un petit village jadis inaperçu du visiteur qui arrivait à Kolwezi. Aujourd’hui Musompo est une cité grouillante d’un monde cosmopolite : des usines s’y implantent, des stations d’essence, des maisons de négoces de minerais, des échoppes et des dépôts multiples. Même l’Université de Kolwezi, l’UNIKOL, Université d’Etat est construite dans cette nouvelle cité. Les motos se faufilent entre les habitants ou entre des grands trucks, des camions et autres véhicules. Ici la vie a changé du tout au tout, les petites huttes du village ont disparu faisant place aux bâtiments de grande envergure… C’est ici que l’Eglise vient planter aussi sa tente sur un terrain de 60m sur 100, situé aux abords de la route nationale. Monseigneur Richard a procédé à la pose de la première pierre à la fin de la célébration eucharistique en présence du Chef de Terre Musompo, du chef de Terre Muleka,( tous en grand costume traditionnel), et de plusieurs autres notables. En fait, l’histoire de ce terrain date de l’époque des missionnaires. En 1955, le Père Nicolas, Franciscain de la mission de Kanzenze (sic) se vit octroyé par le chef Musompo Nzuji ce terrain. Il y construisit une chappelle. Plus tard, le FBI (Fond du Bien-être Indigène) construisit sur le même terrain deux autres bâtiments comme salles de classe. Les religieuses (Sœurs) y érigèrent à leur tour un ‘’Foyer Social’’ pour l’éducation des jeunes filles. Après plusieurs perturbations dans l’histoire sociale et politique, dont les troubles, les pillages des années 1990 et les déplacements des populations, cet espace fut momentanément délaissé. Les protestants sollicitèrent au chef Musompo l’utilisation provisoire de ces bâtiments. Ils crurent un moment que l’histoire a tout effacé et qu’ils devenaient propriétaires… C’est en 2020 que l’Eglise catholique a récupéré ses biens au grand désarroi des autres. La prière, la persévérance dans la foi, l’ont emporté sur l’esprit bagarreur des uns et des autres. Et aujourd’hui, nous sommes heureux, atour de Monseigneur l’Evêque de commencer l’écriture d’une nouvelle histoire : le sable et les moellons sont versés déjà par des hommes de bonne volonté et des membres de la communauté Ecclésiale Vivante Saint François d’Assise/Musompo …Bientôt la truelle du maçon entrera en action, par la miséricorde du Très-Haut. Abbé Alain Kalenda Ket

jeudi 18 février 2021

Hommage à Mgr Foribert Songasonga

Sur l’Internet, cet après-midi de jeudi 31 décembre 2020, le dernier jour de l’année, les réseaux sociaux s’enflamment : le décès de Monseigneur Floribert  SONGASONGA  est annoncé comme une flambée.  La nouvelle devient  virale, à la hauteur de la personnalité  du disparu.

Ceci est le témoignage d’un prêtre du Diocèse de Kolwezi qui raconte en quelques lignes la vie de son Evêque tel qu’il l’a connu.

Sacré Evêque le 24 aout 1974 par le Cardinal Malula au Théâtre de la Verdure de la Cité Gécamines Kolwezi, Monseigneur  Floribert  Songasonga n’avait que 37 ans lorsqu’il fut intronisé au Siège épiscopal de Kolwezi. Il succédait à Monseigneur Victor Keuppens, missionnaire Franciscain.

A son avènement,  le clergé Diocésain était quasi-inexistant : le nouvel Evêque ne pouvait compter que sur à peine 4 abbés.

Il avait donc comme mission primordiale de donner à cette circonscription ecclésiastique un clergé local. Et c’est là le premier mérite de Monseigneur  Songasonga : il est parvenu à jeter les bases d’une église aux  couleurs locales. Il consacrera sa jeunesse à parcourir le vaste Diocèse (le 2e   vaste diocèse en R.D.Congo, après  Kisangani) dans ses  coins et recoins,  administrant le sacrement de confirmation et réconfortant la foi de ses ouailles.

Dès son arrivée, Monseigneur Songasonga ne va pas se contenter seulement à confirmer les enfants, il va  aussi commencer  à conférer le sacrement d’ordination sacerdotale à ses fils dans leurs propres villages : de Kolwezi à Dilolo aux confins de l’Angola, en passant par Kanzenze ;  de Sandoa à Kapanga et jusqu’à Kalamba aux frontières avec la province du Kasaï, l’Evêque va effectuer des voyages  pastoraux dans tous ces villages avec beaucoup de générosité et d’entrain.  Les jours d’ordination étaient des événements uniques dans ces missions. Ce jour-là, témoigne un abbé nouvellement ordonné,  il n’y a plus de distinction dans le village entre catholiques et protestants ; les païens eux-mêmes et autres  animistes  oublient leurs propres convictions et sont  tous emportés dans une joie sainte et catholique.

Ces ordinations ont suscité  la vocation dans les cœurs de plusieurs jeunes de partout au Diocèse. Certains de ces enfants de l’époque devenus prêtres aujourd’hui se souviennent de ces jours fastes qu’ils aiment à raconter avec une précision admirable.

Du point de vue de sa personnalité, Monseigneur Songasonga est reconnu comme étant un homme affable, convivial et débonnaire. Les prêtres le considéraient non seulement comme ce responsable autoritaire (il avait de l’autorité en effet), mais aussi et surtout  comme  un père ou mieux, un ami qui écoute, accueille, comprend et pardonne.  Il était très attentionné à la vie de ses collaborateurs à qui il n’hésitait pas à offrir les moyens conséquents pour leur pastorale : des jeep Land Cruiser dans la plupart des missions de l’intérieur : Kafakumba, Musumba, Kapanga-village, Dilolo, Kasaji, Kanzenze-mission ; meubles,  ustensiles de cuisine pour les nouveaux installés ;  Bibles, Droit Canon, aubes pour les nouveaux prêtres, subsides  pour chaque paroisse de son Diocèse,  etc. S’il le faisait, ce n’était pas parce que les ressources étaient si abondantes, mais simplement par sollicitude paternelle, sacrifice et abnégation.

Monseigneur Songasonga a laissé les jalons de développement du Diocèse de Kolwezi. Le nombre 24 semblait bien accompagner son existence, comme il aimait à le rappeler : sacré le 24 aout, il s’en allait du Diocèse de Kolwezi  vers l’Archidiocèse de Lubumbashi 24 ans plus tard après avoir rempli sa mission épiscopale.  Pour l’avoir vu vivre, nous disons avec Sénèque aujourd’hui,  « Quis dubitare potest  quin Dei munus sit vita nostra »  (Qui peut douter que notre vie [sa vie : ndlr] soit un présent de Dieu).

Monseigneur Floribert Songasonga, Dieu te dit aujourd’hui : « Serviteur bon et fidèle,… entre dans la joie de ton Maitre ».Mt 25, 23.

                                                                                              Kolwezi, le 31 décembre 2020.

                                                                                                  Abbé Alain Kalenda Ket

samedi 24 octobre 2020

Archidiocèse de Lubumbashi : cent ans d'histoire.

 Le premier centenaire de l’Eglise Catholique de Lubumbashi a été célébré ce dimanche 15 août 2010 au Bâtiment du 30 Juin. La messe qui a duré près de 7 heures a été présidée par l’Archevêque, Monseigneur Floribert Songasonga Mwitwa. Autour de lui, plusieurs autres Evêques venus d’Europe ou des Diocèses du Katanga et une centaine des prêtres ont concélébré cette grande messe devant plus de 50 000 fidèles. Tous, dans une même ferveur  ont prié et chanté pour rendre grâce à Dieu de ses innombrables bienfaits accordés à l’Archidiocèse pendant un siècle. La prédication de l’Archevêque, basée sur les lectures de la solennité de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie,  a fait voir que la victoire de  Marie notre Mère du ciel devant les forces du mal est celle de l’Eglise dans le combat qu’elle livre contre les différentes formes de péché et contre les ténèbres. Comme la Sainte Vierge, les premiers missionnaires se sont battus contre l’adversité, bravant des obstacles de toutes sortes : la faim, les maladies, la fatigue ou le découragement. La lutte contre les forces du mal doit se poursuivre aujourd’hui. Si nous nous appuyons sur le Christ, notre Eglise triomphera. Pour cela, les chrétiens sont invités à passer d’une « foi folklorique » à une foi d’engagement  concret, une foi qui produit des œuvres et qui résiste à toute forme d’idolâtrie. En 100 ans, a conclu l’Archevêque, l’Eglise de Lubumbashi est en pleine croissance. Il a invité l’assemblée à confier l’avenir  du Diocèse et celui de la R. D. Congo entre les mains de la Vierge Marie.

La messe s’est poursuivie dans la même allégresse. Et le moment des offrandes a manifesté  une préparation sérieuse des fidèles pour cet événement de la Messe du Centenaire : à part les divers dons en nature, 9 motos, des dizaines de vélos, des congélateurs, un tank en plastique d’une capacité de 1000 litres, une vache abattue… ont été présentés à l’autel.
A la fin de la messe, les chrétiens accablés par le soleil, mais non moins attentifs et, décidés d’aller jusqu’au bout, ont écouté des discours-fleuves : Le Révérendissime Père-Abbé Représentant de la Délégation Européenne de l’Abbaye de Saint André a été le premier  à prendre la parole. Il a retracé l’historique émouvant de la fondation du Diocèse de Lubumbashi par les Bénédictins, au moment où il n’y avait que la brousse sur le site actuel où est bâtie la ville de Lubumbashi. Les lions de la savane boisée de cette contrée ont vu débarquer un autre lion venu d’Europe, celui-là : Don Jean-Félix De Hemptine, surnommé « Le Lion du Katanga ». Il arrivait dans cette contrée avec quatre compagnons.  Il fut sacré Evêque en 1932.  Ensuite un Abbé a lu le message du Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples. Celui-ci a, essentiellement, rendu hommage aux missionnaires, à l’Archevêque et à l’Evêque Coadjuteur, aux Prêtres et aux catéchistes pour l’œuvre d’évangélisation accomplie. Il a invité l’Eglise de Lubumbashi à « l’évangélisation de la culture ». S’en est suivi le message de la CENCO, la Conférence Episcopale du Congo, lu par l’Envoyé du Président de la CENCO qui a souhaité,  entre autre, un nouveau bon départ de l’Archidiocèse de Lubumbashi pour le deuxième centenaire. Prenant à son tour la parole, Le gouverneur du Katanga, Monsieur Moise Katumbi Chapwe s’est déclaré fier pour l’œuvre accomplie par l’Eglise Catholique de Lubumbashi. Il n’a pas manqué de souligner que l’œuvre accomplie par Monseigneur De Hemptine est immortalisée,  il y a peu, par la débaptisation de l’Avenue Tabora devenue, « Avenue Monseigneur De Hemptine ». Le Vice 1er Ministre et Ministre de l’Intérieur, Représentant du Président de La République s’est étendu sur la Politique du Président et a livré trois messages émanant de ce dernier : message de Paix, message de la Reconstruction de la RDC autour de 5 chantiers et message de la consolidation de la démocratie en RDC.  Il a annoncé qu’une Jeep Prado est offerte par le Président de la République à Monseigneur l’Archevêque de Lubumbashi. Enfin, c’est l’Archevêque lui- même qui devait clôturer la série des allocutions : il a rendu un message d’action de grâce à Dieu, aux missionnaires et autres agents d’évangélisation, à tous les hommes et toutes les femmes qui ont soutenu l’œuvre commencée par les Bénédictins. Il a reconnu la collaboration bénéfique et multiforme manifestée par l’apport des Chefs coutumiers, des politiciens, des Chefs d’entreprises, des industriels, etc.  A son tour, il a relaté  l’histoire de l’évangélisation de l’Archidiocèse de Lubumbashi. Il a ensuite énuméré les défis  qui attendent l’Eglise au cours du deuxième centenaire : défi de formation du personnel ecclésiastique, défi du laïcat, défi de l’inculturation, défi de la prise en charge matérielle, défi de l’implantation de nouvelles paroisses, défi de la Justice, de la Paix et de la Réconciliation, défi de la collaboration entre différentes congrégation, défi de la collaboration entre religieux et laïcs, de nouveaux mouvements, défi de l’œcuménisme, défi du développement intégral de l’homme. Face à tout cela l’Archevêque a annoncé la tenue, dans les années à venir, d’un deuxième Synode Diocésain de l’Archidiocèse en vue de définir les grandes orientations pastorales au cours du centenaire qui se met en marche aujourd’hui.
Un peu d’histoire de l’Archidiocèse de Lubumbashi.
Le décret du 06 août 1910 érigea la Préfecture Apostolique du Katanga. Elle fut confiée aux Bénédictins de l’Abbaye de Saint André. Le 29 septembre 1910, la première délégation des Bénédictins foula le sol du Katanga et commença par camper à Elisabethville (Lubumbashi).  Elle était composée de Don Jean De Hemptine et de ses compagnons Frère Joachim, un suisse ; Hidesbald, un belge ; Marc de Montpellier. Ils firent leur entrée par la ville du Cap en Afrique du Sud. Deux objectifs essentiels animaient les Bénédictins, à savoir : fonder une Abbaye en Afrique et évangéliser la population autochtone. D’Elisabethville les Bénédictins vont tenter une pénétration dans le Katanga profond et créent un poste à Nguba à 220 Km de Lubumbashi, « un endroit merveilleux », écrivit Monseigneur De Hemptine. Puis ils piquèrent vers Kansenia et y créèrent une mission.  La grâce de Dieu aidant, plusieurs autres missions naîtront : Mwadingusha, La Moera, Kapiri, Likasi, Fungurume, Tenke, Kapolowe.  A Elisabetville, la première pierre de la construction de la Cathédrale fut posée le 06 juin 1921. C’est à Kapolowe où fut ouvert le premier Monastère en 1930 (le Prieuré de Saint Gérard). Il déménagera d’abord à Kansénia avant de l’implanter définitivement en 1965 sur le site de Kiswishi.  Monseigneur De Hemptine fut sacré Evêque en 1932, ce pionnier de l’Eglise de Lubumbashi va consacrer toutes ses énergies à l’évangélisation de l’Archidiocèse et à la fondation des missions dans la contrée par Rome lui confiée. 
Le 10 février 1958 Monseigneur  décéda inopinément à Elisabethville. La foi et la bravoure marquèrent cet homme : « il avait une foi à déplacer les montagnes, et il en déplaça beaucoup, a noté avec humour dans son discours, Le Révérendissime Père-Abbé Représentant de la Délégation Européenne de l’Abbaye de Saint André ». Le Père Cornélis succéda à De Hemptine et sera le Premier Archevêque de Lubumbashi. En 1967, Cornélis démissionna et le Curé de la Cathédrale Saint Pierre et Paul, l’Abbé Eugène Kabanga Songasonga, fils de cette région, fut sacré Evêque et nommé Archevêque. L’auteur de « Je suis homme » fut un vaillant apôtre de Jésus : ses écrits innombrables et ses prédications percutantes vont conduire l’Eglise de Lubumbashi sur le chemin de l’inculturation.  Après sa démission, Monseigneur Floribert Songasonga  est nommé Archevêque en 1998. Deux ans plus tard, en 2000, Monseigneur Eugène Kabanga meurt.  Monseigneur Floribert Songasonga éprouvera, quelques années plus tard,  le besoin de se faire aider dans cette tâche apostolique de conduire l’Eglise de Lubumbashi. Ainsi, Monseigneur Tafunga Jean-Pierre fut nommé Evêque Coadjuteur de Lubumbashi, en 2009. La célébration du centenaire marque un nouveau départ pour l’Eglise de Lubumbashi. Beaucoup est encore à faire, la devise du centenaire nous y invite : « Ite et vos in vineam meam », « Allez, vous aussi, à ma vigne.  Abbé  Alain Kalenda Ket