mercredi 13 avril 2011

UNE TRIBUNE D’EXPRESSION POPULAIRE SUR L’EXPLOITATION MINIERE A KOLWEZI

« Les populations de Kolwezi sont livrées à la mort dans l’exploitation irrationnelle des minerais », c’est ce qu’a déclaré l’Evêque de Kolwezi, Mgr Nestor Ngoy Katahwa,  en prenant la parole ce dimanche 10 avril 2011 à la Tribune d’Expression populaire.
Organisée par la CERN (Commission Episcopale pour les Ressources Naturelles), la Tribune d’Expression Populaire a réuni au Cercle Familial Forum (CFF)de Kolwezi,  plusieurs personnalités de l’élite intellectuelle de cette ville pour débattre sur l’impact de l’exploitation minière.

D’entrée de jeu, la CERN a lu la question centrale du débat : « L’exploitation minière industrielle et artisanale a-t-elle des effets positifs ou négatifs pour la ville de Kolwezi ? » Les participants ne se sont pas fait prier pour tout de suite donner leurs points de vue. Chiffres à l’appui, on a démontré l’ampleur de l’exploitation minière ces dernières années. Mais une exploitation sans vrai impact positif ; car,  apparemment, ni le pays, ni la ville de Kolwezi ne bénéficient réellement des exportations des minerais. Le code minier est mis en cause. Et, des comparaisons ont été faites entre l’exploitation des colons belges et celle de nouveaux « prédateurs » du 21e siècle : on se rend compte que les Belges jadis ont tout de même construit des infrastructures, des villes, des vraies routes, des écoles, des hôpitaux. La plupart des bâtiments publics que nous connaissons aujourd’hui, sont l’héritage de l’époque coloniale. Par contre ce dont nous sommes gratifiés par les exploitants actuels sont des rafistolages  d’écoles ou hôpitaux : l’exemple du village Kawama où pullulent des populations venant de toute la République du Congo est très saisissant. Ces gens vivent dans des bâches ou à la belle étoile, dans des conditions hygiéniques et sanitaires déplorables. Les creuseurs artisanaux sont roulés par des négociants sans scrupule qui n’hésitent pas à fausser les balances et à déclarer des teneurs moindres pour des minerais qu’ils revendront très chers. C’est ici où un intervenant a relevé ce qu’il a dénommé les piliers du mal, à savoir 1°l’Etat qui ne protège pas les exploitants artisanaux, ballotés au gré des intérêts étrangers ; 2°les lobbies des puissances étrangères fortement organisées au détriment du petit peuple, etc. Kolwezi est en paix, dit-on, a renchéri un autre intervenant : C’est parce que  les jeunes gens ont un semblant d’occupation à Kawama où ils creusent les minerais. Mais, a-t-il souligné à l’intention de l’Evêque, ils ne sont pas dupes, Kawama reste une bombe à retardement, c’est un espace de bouillonnement des mentalités hétéroclites, l’Eglise doit y prendre garde, a-t-il prévenu, comme si c’est finalement l’Eglise qui serait plus apte à veiller sur la sécurité des populations.

Des participants à la tribune d'expression populaire

            Les participants à cette Tribune populaire, qui n’ont pas tari de verve toute cette après-midi dominicale, ont de plusieurs manières, déploré l’exploitation irrationnelle de nos minerais. Ils ont demandé une nouvelle façon de s’organiser pour que Kolwezi, ville dénommée poumon économique de la RD Congo ne soit pas toujours ce parent pauvre qui construit Kinshasa et/ou bien d’autres villes au Congo et à l’étranger. A la manière de Dubaï, Kolwezi doit être construite grâce à ses minerais.
Le Bourgmestre de la Commune de Dilala (où est situé le quartier des affaires de Kolwezi) qui prenait part à ces échanges a félicité les organisateurs de ce débat et a souhaité que cela se fasse aussi à l’intention des masses villageoises qui environnent Kolwezi.
Le répondant de la CERN, Monsieur l’Abbé Marcel Ngweji a, quant à lui, rappelé un des objectifs immédiats de l’organisation de cette journée, à savoir, préparer une conférence internationale qui aura lieu au Canada ce mois d’avril 2011 sur le thème : Les investissements miniers et le développement de l’Afrique ; Bilan actuel et perspectives d’avenir. Cette conférence offrirait un cadre de dialogue multi acteurs et aurait pour objectifs de :
-          Cerner la problématique de l’exploitation minière en Afrique ;
-          Évaluer la situation réelle sur le terrain, les forces ainsi que les limites des initiatives des uns et des autres ;
-          Dégager les perspectives de collaboration entre les parties prenantes (Gouvernement-Opérateurs  miniers-Communautés  locales,etc.) en vue d’identifier les pistes de solution pour le développement effectif et durable.
C’est pourquoi, la Tribune d’Expression Populaire se devait de contribuer à l’actualisation des données et à l’élaboration des stratégies relatives à deux thèmes ciblés, à savoir :
-          Domaine minier et développement durable ;
-          Activités minières et amélioration du bien-être de la population.
A cette conférence internationale du Canada, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), à travers sa Commission ad hoc pour les Ressources Naturelles (CERN/CENCO), est invitée à présenter une communication  sur l’impact des projets miniers en République Démocratique du Congo, cas du Katanga. Cette présentation devra être fondée sur des données actualisées issues d’une enquête et de Tribune d’expression populaire à mener sur le terrain.
Le Responsable de la CERN a regretté du fait qu’à Lubumbashi, à Kipushi, à Kilwakasenga, les Observatoires pour les Ressources Naturelles ont reçu l’autorisation des autorités administratives pour organiser l’enquête dans les différentes entreprises, tel n’est pas le cas pour Kolwezi.
Un autre rendez-vous est fixé par la CERN où elle aura à échanger, cette fois-ci, avec les masses laborieuses. Tout le monde a souhaité que des rencontres de ce genre soient régulièrement organisées afin d’amener les différents acteurs à construire réellement Kolwezi.
Alain Kalenda Ket

mercredi 2 février 2011

LUBUMBASHI: MONSEIGNEUR TAFUNGA SUCCEDE A MONSEIGNEUR SONGASONGA




C’est ce dimanche 30 janvier 2011, sur le parvis de la Cathédrale Saints Pierre et Paul, qu’a eu lieu la présentation officielle de l’Archevêque Mgr Jean-Pierre Tafunga. Celle-ci s’est déroulée lors d’une célébration eucharistique de prise de possession canonique ayant drainé une foule nombreuse et devant les Evêques et prêtres venus de quatre coins du pays. Monseigneur Jean-Pierre Tafunga a été nommé Archevêque par le Pape Benoit XVI le 1er décembre 2010.


L’Eglise du Congo a été représentée au Sommet par le Cardinal Monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya et par le Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), Monseigneur Nicolas Djomo Lola. Les autres Evêques du Congo présents à cette cérémonie sont : Monseigneur Marcel Madila, Evêque de Kananga ; Monseigneur Bernard  Kasanda, Evêque de Mbuji-Mayi ;  Monseigneur Valentin Masengo, Evêque de Kabinda ; Monseigneur Pierre-Celestin Tshitoko, evêque de Luebo ; Monseigneur Tharcisse Tshibangu, Evêque Emérite de Mbuji-Mayi ; Monseigneur Marcel Utembi, Evêque de Kisangani, Monseigneur Melkisédek Paluku Sikuli, Evêque de Butembo-Beni ; Monseigneur Louis Zala de PopoKabaka ; Monseigneur D Monseigneur Daniel Nlandu Mayi de Matadi ; Monseigneur Floribert Songasonga Mwitwa, Arcevêque Emérite de Lubumbashi ; Monseigneur Jérôme Nday, Evêque Emérite de Kongolo ; Monseigneur Dominique Kimpinde, Evêque Emérite de Kalémie-Kirungu ;  Monseigneur Nestor Ngoy Katahwa, Evêque de Kolwezi ; Monseigneur Anatole Kalala, Evêque de Kamina ; Monseigneur Gaston Ruvezi, Evêque se Sakania-Kipushi ; Monseigneur Kwanga Ndjibu, Evêque de Manono ; Monseigneur Fulgence Muteba, Evêque de Kilwa-Kasenga, Monseigneur Oscar Ngoie, Evêque de Kongolo. Le Burundi était représenté par Monseigneur Simon Tamwana, Président de l’ACEAC (Association des conférences Episcopales de l’Afrique Centrale). Ce nombre important d’Evêques était précédé, dans la procession, par une file interminable des prêtres auxquels il convient d’ajouter les Vicaires Généraux et épiscopaux. Monseigneur Jean-Pierre Tafunga a été décidément bien accompagné.
  



En procession: Le Cardinal L. Monsengwo, Mgr JP Tafunga et
Mgr F. Songasonga

Le Gouverneur du Katanga. A sa droite Le Ministre Mbuyu et
Le Président de l'Assemblée Prov. du Katanga


Nous n’oublions pas une liste pareillement impressionnante des autorités tant civiles que militaires dont nous citons entre autres, le Ministre des Hydrocarbures et Représentant du Chef de l’Etat, le Gouverneur de la Province du Katanga, Monsieur Moise Katumbi Chapwe, le Gouverneur de la Province de l’Equateur, le Président de l’Assemblée Provinciale, les ambassadeurs, les Sénateurs, les Députés, etc.
Les prises de paroles ont commencé,  dans la première partie,  par l’homélie de Son Eminence Le Cardinal. Sans vouloir tirer en longueur (ce qui a suscité l’admiration des auditeurs), le Cardinal a circonscrit le contexte de cette cérémonie dans l’esprit des lectures de ce 4e Dimanche du temps Ordinaire A.  L’essentiel du message, adressé particulièrement au nouvel Archevêque,  se résume dans les versets des béatitudes : « Heureux les pauvres en esprit,… Heureux ceux qui souffrent pour la Justice, Heureux… » Mais aussi dans ces versets de la 2e Lecture 1Cor 1,26-31 : « …Dieu  a choisi ce qu’il y a de faible dans le monde…pour confondre ce qui est fort… ». Le Cardinal a fait passer son message à travers ces versets pour interpeller notre Société congolaise souvent tentée par la corruption et l’acquisition facile des richesses.
Il a rendu hommage à Monseigneur Songasonga : « cet ancien prêtre de Lubumbashi, puis Evêque de Kolwezi et enfin Archevêque de Lubumbashi, a mené à bon port sa vocation de pasteur ». Il l’a remercié aussi pour son engagement dans les Commissions épiscopales.
Il a félicité Monseigneur Jean-Pierre Tafunga pour sa nouvelle charge. Il l’a exhorté à enseigner à temps et à contre-temps les vérités de l’Evangile. La parole de Dieu ne peut être enchaînée, a-t-il souligné. Il a recommandé le Nouvel Archevêque au soutien de la Vierge Marie.
Avant la bénédiction finale (et avant que la pluie ne disperse subitement l’assemblée), plusieurs autres discours ont été lus : Discours du Représentant du Clergé de Lubumbashi, discours du Président de la CENCO, Message de l’Abbé Secrétaire  de l’ACEAC et surtout mot très pathétique de la délégation du Diocèse de Uvira où  Monseigneur Tafunga venait d’exercer son dernier ministère d’Evêque, après le Diocèse de Kilwa : les prêtres d’Uvira ont été visiblement très marqué par le passage de Monseigneur Tafunga comme Evêque : « Vous étiez réellement un homme de Dieu, pendant vos 6 ans à Uvira », ont-ils déclaré.
Parmi les temps forts de la cérémonie, il y a eu, bien sûr, le rite d’installation après l’homélie du Cardinal: lecture de la Bulle du Pape Benoit XVI,   Profession de foi,  prestation du serment, et  installation dans la chaise, « la cathedra » de l’Archevêque.

Monseigneur Jean-Pierre Tafunga installé


Les Evêques à l'autel

La cérémonie de remise des cadeaux à l’Archevêque est intervenue dans la dernière partie de la messe. Elle a  pris beaucoup de temps avant d’enchaîner avec les discours : vaches, chèvres, motos, vélos, sommes d’argent, congélateurs, frigos, salon, effets de bureaux, etc.
A la fin, la pluie est venue nous asperger de sa bénédiction pour marquer le renvoi des fidèles. Chacun pouvait repartir chez soi, gardant dans le cœur le souvenir d’une cérémonie grandiose qui sera racontée sans doute aux générations à venir : Lubumbashi vient d’avoir son 4e Archevêque Métropolitain.         Alain Kalenda Ket



vendredi 14 janvier 2011

L’UNIVERSITE DE KOLWEZI EST NEE


«Pas de grande ville sans Université.  La journée de ce 13 janvier 2011 qui voit consacré officiellement l’autonomie de l’UNIKOL est une date qui restera marquée en lettres d’or dans les annales de l’Université ».

Le Recteur prononçant son discours
C’est en ces termes que le  Recteur de la nouvelle Université de Kolwezi (UNIKOL), le Professeur Ipanga Tshibwila,  a commencé son discours  pour annoncer la naissance de cette Institution nouvellement détachée de l’Université de Lubumbashi (UNILU). La cérémonie de la remise officielle de l’autonomie de l’Université de Kolwezi et de l’investiture de son Recteur,  s’est déroulée donc ce 13 janvier  dans la grande salle des fêtes du Collège Bienheureux Jean XXIII en présence du Conseiller Juridique et représentant du Recteur de l’Université de Lubumbashi,  du Maire-Adjoint de la ville de Kolwezi, des Chefs coutumiers,  de plusieurs invités et étudiants. Quelques instants auparavant, une remise et reprise au bureau du Recteur (qui s’est succédé à lui-même), venait de s’effectuer par devers le Conseiller Juridique de l’Unilu.

Le Recteur et son Comité de Gestion. A sa droite:
Le Conseiller Juridique Unilu
Au lutrin de la cérémonie, plusieurs orateurs devaient se succéder : d’abord c’est le Conseiller Juridique du Recteur de l’Unilu qui a pris, le premier,  la parole pour lire le Procès verbal de la Déclaration d’autonomie  de l’Université de Kolwezi. La période de monopole de trois Universités au Congo est révolue, a-t-il déclaré. C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, l’Unilu ayant totalisé 55 ans depuis sa création par décret royal, a commencé à accorder  l’autonomie aux Extensions universitaires  qui lui étaient attachées. Il en a énuméré 9 dont celle de Kolwezi. Il a ensuite remis les attributs du pouvoir au nouveau Recteur, à savoir, une grosse clé symbolique et la toge. Il a aussi présenté le nouveau Comité de Gestion composé d’un Secrétaire Général Académique (Le Professeur Kasongo),  d’un Secrétaire Général Administratif (le Dr Kisenga) et d’un Administrateur de Budget (Chef de Travaux Madame Kunda).
Le Recteur de l’UNIKOL  a ensuite pris la parole : il a commencé par remercier les différents acteurs de la création de l’UNIKOL. Ensuite il a circonscrit le sens de l’autonomisation  d’une Université : « L’autonomie signifie,  ne pas dépendre d’une autre Université. En clair l’Université de Kolwezi ne dépend  plus de l’Université de Lubumbashi. Elle traite directement avec la tutelle  qui est le Ministère de l’ESU à Kinshasa, a-t-il déclaré ». Le Recteur n’a pas oublié de mentionner les difficultés auxquelles est, d’ores et  déjà,  confrontée la jeune Université :  l’insuffisance des auditoires, le manque de laboratoire et des bibliothèques, le manque des frais de fonctionnement, l’absence du personnel enseignant attitré, la non-mécanisation  du personnel, le manque du charroi automobile, etc. A la fin de son discours, il a invité les innombrables entreprises minières de Kolwezi (Les Minings), les partenaires locaux, les opérateurs miniers et économiques, les différentes mutuelles socioculturelles et toutes les personnes de bonne volonté,   à bien vouloir assister l’UNIKOL dans les constructions qui sont déjà entreprises à Musompo, à l’entrée de la ville de Kolwezi (en venant de Lubumbashi), pour doter l’UNIKOL de véritables bâtiments.
Le Maire-Adjoint, Monsieur Deodat Kapenda wa Kapenda, empruntant l’expression au lotissement cadastral et dans un sens métaphorique,   s’est appesanti sur la mise en valeur réelle de cette institution que nous venons d’arracher : Professeurs, Chefs des Travaux, Assistants et étudiants doivent conjuguer leurs efforts dans leurs propres domaines pour rendre performante cette Université : « Les enfants doivent être meilleurs que leurs parents » : ce doit être le cas de l’Unikol née de l’Unilu, a dit en substance l’éloquent Maire.
Le Recteur, clé en main, salue le Maire-Adjoint

L’événement étant de taille, la cérémonie s’est clôturée par un verre partagé.




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Maquette de l'Université de Kolwezi

Il est à noter que l’Unikol est aujourd’hui abritée dans des locaux d’une petite ancienne école secondaire appelée Bebyati.  Ces locaux auxquels ont été ajoutés quelques autres, ont été réaménagés pour servir des auditoires. Mais il s’agit-là d’un rafistolage loin de répondre au standard des salles d’une vraie Université.  C’est pourquoi  l’UNIKOL veut se transporter  à MUSOMPO  où le Gouverneur de Province, Monsieur Moise Katumbi Chapwe lui a octroyé gracieusement un terrain de 100 Ha non encore totalement  valorisés.



L'UNIKOL en construction sur les sites de Musompo


 Sur ce terrain se construira progressivement toute l’Université de Kolwezi, à savoir l’Administration Centrale, les auditoires, les laboratoires ; les homes des étudiants, les résidences des autorités académiques et du personnel, les terrains de sports, etc. Dès à présent, le Gouvernement Provincial du Katanga finance les travaux dont le coût, pour cette première phase des constructions,  s’élève à 750 000 dollars.

HISTOIRE DE L’UNIKOL
L’histoire de l’Université de Kolwezi commence en 1997, lorsque le Recteur de l’Unilu, le Professeur KAKOMA SAKATOLO ZAMBEZE, sur demande des notabilités de Kolwezi et de la Société Civile de Kolwezi, a accepté d’ouvrir l’Extension de l’Université de Lubumbashi à Kolwezi.
Cependant, il existe bien une préhistoire à cela. Dès la période coloniale vers les années 1958 et 1959 l’idée d’implanter une Université à Kolwezi avait déjà germé. C’est en 1960 qu’elle devient effective lorsqu’on créa l’Extension de l’Université de Lovanium à Kolwezi. Elle était dirigée par le RP Franciscain HANSEN. Cette Extension a fonctionné dans les installations du Collège Baudouin 1er (Actuel Institut du Lualaba). Elle n’aura duré que le temps d’un rêve : une unique année. Les événements survenus au lendemain de l’indépendance du Congo obligèrent les responsables à fermer ses portes.
En 1984, le Recteur  VUNDWAWE  TE PEMAKO  relança le projet d’une implantation universitaire à Kolwezi : on créa ce qui fut dénommé « Université mobile ».  Cette initiative sera reprise par les Recteurs BINGOTO MANDOKO NAMPEYA, LOMBEYA BOSONGO et ALONI KOMANDA. L’Université fonctionna jusqu’en 1989, toujours dans les locaux du Collège (Institut du Lualaba). Mais cette œuvre se révéla finalement comme un échec : il manquait, en effet une structure locale de coordination devant accueillir et encadrer les professeurs, tous venant de Lubumbashi. Parmi les animateurs de cette structure à Lubumbashi, on retrouve le Professeur NSAMAN OLUTU, actuel responsable principal du CEPROMAD.
En 1994, l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) de Kolwezi, créé d’abord sur initiative privée, fut intégré à l’UNILU sous le Recteur KILANGA MUSINDE.
C’est seulement donc en 1997 que la création de l’Extension de l’Unilu à Kolwezi va constituer un départ déterminant pour cette institution universitaire. L’UNILU va s’appuyer sur un partenariat avec différents acteurs sociaux de Kolwezi dont principalement l’Eglise Catholique,  la Gécamines  et les autorités Politico-Administratives. Mais il y avait aussi la participation des Eglises Protestantes, Orthodoxe et Kimbanguiste. Ce qui permit à l’Extension de l’Unilu à Kolwezi de retourner dans les installations du Collège et d’occuper plusieurs bâtiments de la Gécamines.
En 2004, l’Extension a acquis, sous le Recteur de l’UNILU, KAUMBA LUFUNDA PRINCE, le statut de CENTRE UNIVERSITAIRE DE KOLWEZI (CUK), phase déterminante pour une Université autonome. Cela a été rendu exécutoire par l’Arrêté Ministériel n° MINESU/CABMIN/ESU/090/2004 du 1er /10/2004, portant création du Centre Universitaire de Kolwezi comme institution publique.
BEBYATI, une ancienne école secondaire devenue
Centre Universitaire de Kolwezi




Le Premier Directeur de l’Extension (DIREX) de l’UNILU à Kolwezi fut le Professeur Ordinaire NDUA SOLOL.  Sur fonds propres de l’Institution, le Comité de Gestion dirigé par NDUA SOLOL  a pu acheter des bâtiments d’une ancienne école secondaire « BEBYATI » pour en faire le site provisoire de l’Université de Kolwezi.  C’est sous sa direction aussi que furent acquis l’actuel bâtiment abritant la bibliothèque et autres salles sur l’Avenue Maduda (6e Avenue), le Guest House sur l’Avenue Lusangas et la Résidence d’habitation du Directeur d’Extension. Ce qui a contribué à assurer, à ce jour, la visibilité du Centre Universitaire de Kolwezi.
En mars 2009, est arrivé le Professeur Charles IPANGA TSHIBWILA. C’est lui qui va conduire le Centre Universitaire de Kolwezi à son autonomie pour devenir l’Université de Kolwezi, le 27 septembre 2010 par l’Arrêté Ministériel  n° 157/ MINESU/CABMIN/MML/EBK/PK/2010 du  Ministre MASHAKO MAMBA LEONARD. Le nouveau DIREX, soucieux de l’épanouissement de l’Institution va se lancer dans les travaux pharaoniques de construction de l’Université de Kolwezi. Fort de l’appui financier du Gouvernement Provincial du Katanga qui a octroyé à l’UNIKOL la coquette somme de 750 000 dollars américains, le Direx IPANGA, qui deviendra le 27 septembre 2010 le premier Recteur de cette Université, va confier la totalité de cette somme à l’Entreprise minière locale « KAMOTO COOPER COMPANY » (KCC)  pour entamer les constructions.  
TYPE D’ENSEIGNEMENTS  ET PERSONNEL
L’UNIKOL organise plusieurs filières d’études. Il s’agit notamment  des Facultés de Droit, des Sciences Economiques et de Gestion, de Médecine, de Géologie, d’Agronomie, des Lettres (Sciences de l’Information et de la Communication), de la Psychologie et Sciences de l’Education, des Sciences Sociales, Politiques et Administratives, de Polytechnique et de l’Ecole de Santé Publique.  Il est à noter que la faculté de Médecine  a été fermée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire depuis l’année 2009 pour cause de manque de Laboratoires.
Le Centre Universitaire de Kolwezi avait, en son temps,  organisé une Extension  à Kasaji dans le District du Lualaba. Sur décision du Ministre de l’ESU (Enseignement Supérieur et Universitaire), cette formation universitaire ne devra plus fonctionner à partir de l’an 2010 pour raison de sa non-viabilité.

Les enseignants à temps plein sont au nombre de 78 dont 1 Professeur Ordinaire, 1 Professeur, 2 Chefs de Travaux et 74 Assistants. A ceux-là, il faut ajouter plus de 80 agents classés dans la catégorie de personnel Enseignant à temps partiel provenant de la Magistrature, de la Gécamines et autres entreprises minières de Kolwezi  et plusieurs Enseignants Visiteurs composés des Professeurs Ordinaires et Associés  et aussi  des Chefs des Travaux . Il y a plus ou moins 57 agents administratifs.

Les effectifs d’étudiants sont passés de 1 200 en l’année académique 1997-1998 à  2 400 pour l’année 2010-2011.

Prospective: L'Université de Kolwezi devra rayonner

Les publications scientifiques se font dans les Annales,  portées sur les fonds baptismaux le 15 août 2009 par l’autorité urbaine de Kolwezi en présence des Autorités Académiques de l’UNILU : à ce jour, 4 numéros sont déjà sortis.

Le Recteur Ipanga  visite les constructions

Après 13 ans d’existence, l’Institution Universitaire de Kolwezi est appelée à rayonner au Congo, en Afrique et dans le monde entier : c’est du moins l’ambition qu’elle se donne en ce jour de la proclamation officielle de son autonomie en tant qu’Université de Kolwezi, UNIKOL. Longue vie. Abbé Alain Kalenda Ket









jeudi 23 décembre 2010

ECHOS DES ECOLES CATHOLIQUES DE KOLWEZI


Heureuse année 2010. Pendant cette année qui décline, quelques écoles catholiques de Kolwezi ont bénéficié de la grâce de Notre Seigneur Dieu.
Ce mercredi 22/12/2010, le Maire de la ville de Kolwezi, Madame Cime Jinga a procédé au lancement de la construction de nouveaux bâtiments modernes pour l’Ecole Primaire Mwangeji au village Mwangeji.

Mme Cime Jinga, Maire de Kolwezi pose la 1e pierre
Abritée pendant des générations dans des bicoques, l’EP Mwangeji a toujours couru, en vain, derrière quelques hypothétiques bienfaiteurs.
Un jour du mois d'octobre, le Directeur d’Ecole et ses pauvres élèves ont appris que le Gouverneur Moïse passait sur la grande route, non loin de leurs bâtisses. Comme  l’aveugle de l’Evangile, le Directeur et ses élèves ont couru crier au Gouverneur : « Prends pitié de nous ».
Alors que la sécurité embarrassée par ces « emmerdeurs » voulait les écarter du chemin, le Gouverneur Moïse a vu les pancartes : « nous manquons des bâtiments ». Ayant reçu plus tard l’information sur le cas réel de cette école (photos des bicoques à l’appui), le Gouverneur a finalement résolu de construire de nouveaux bâtiments au village Mwangeji en faveur de cette école catholique.
Dans son discours de circonstance, le Maire de la ville est revenu sur cet épisode qui avait failli mal tourner pour le Directeur : « j’avais pour cela, interpellé le Coordinateur des Ecoles Catholiques ».  Et le Commandant de police de renchérir qu’il avait effectivement l’intention d’arrêter le Directeur qui avait exposé les élèves à la route. Aujourd’hui, c’est plutôt un jour de joie, car grâce à ce geste très osé, l’Ecole peut bénéficier de nouveaux bâtiments. L’ouvrage, qui comprend 6 locaux (classes), sera réalisé par l’Entreprise KARA-CONSTRUCTION.
Les élèves de EP Mwangeji dans une classe
Kara-Construction et le Coordinateur des Ecoles Catholiques

Les élèves, les enseignants et la population de Mwangeji,  venus assister à cette cérémonie,  ont vécu cette journée comme un rêve ou mieux, une renaissance de leur quartier. Mais, déjà leur village est ceinturé par des villas qui augurent une ère nouvelle : La nouvelle ville de Kolwezi naîtra certainement sur les cendres du village Mwangeji.

La population de Mwangeji assiste à la cérémonie


L’EP Mwanga wa Taifa située à la cité Manika est méconnaissable aujourd’hui. Jadis constituée de  3 imposants bâtiments aux murs lézardés et sans toiture, l’EP Mwanga wa Taifa se mourait.
Le Coordinateur des ECCATH, n’a pas voulu attendre tomber la manne du Ciel,  « Nous devons essayer de nous prendre en charge » : Les travaux de toiture ont ainsi commencé avec nos maigres moyens. La tâche paraissait impossible et le doute croissait  en nos cœurs,  lorsque quelques visiteurs européens accompagnés par les Pères Salvatoriens passèrent par notre piètre chantier. Ayant pris des renseignements sur cet ouvrage de l’Ecole catholique, ils décidèrent de financer la réhabilitation totale de cette école réduite aux vestiges des anciennes gloires : Renforcement des fondations, reconstruction de certains murs et colmatage, tableau, toiture, tôlerie, peinture … tant de travaux parmi d’autres qui ont transformé de fond en comble l’EP Mwanga wa Taifa.

EP Mwanga wa Taifa avant et après


Aujourd’hui Mwanga wa Taifa,  dont le nom swahili signifie « Lumière de la Nation »  brille de mille feux.
Un seul bémol pour le moment : les élèves s’asseyent à même le sol.

Le grand Lycée Mwanga pour filles, au cœur de la ville de Kolwezi,  a connu, à son tour, des travaux pharaoniques de réfection depuis 2009.
Le Gouverneur de Province, à la base de la réhabilitation de l’Ecole des Sœurs de Notre Dame, est venu en personne, le 22 juin 2010 célébrer la fin des travaux, et l’inauguration d’une nouvelle ère pour ce beau lycée.
De même l’EP Kanina située dans un quartier pauvre de la ville de Kolwezi pouvait jubiler si l’œuvre de construction initiée par l’ONG «Solidarity center » avait abouti.
Cette école semblable à celle du village Mwangeji, a été ciblée par l’ONG américaine  Solidarity center pour bénéficier de la construction de nouveaux bâtiments.
Malheureusement pour cette cité, les travaux de construction d’une école en matériaux durables ont été mal exécutés : certains murs se sont écroulés peu après leur construction, les travaux sont restés inachevés et Solidarity Center est parti.
La population et les élèves semblent être trahis… il faut songer à refaire l’ouvrage ou à le consolider.
Le Lycée Technique Juhudi de la Cité Manika a organisé le samedi 18 décembre 2010 une journée « Portes ouvertes » à l’intention des parents et des autorités scolaires, conformément au calendrier scolaire émis par le Ministère de l’EPSP (Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel).
        Les élèves ont présenté, explications à l’appui, leurs innombrables ouvrages pour révéler aux visiteurs leur savoir-faire : robes, jupes, blouses, etc., ont été exposées à la grande satisfaction du public.
Le Lycée Technique Juhudi et les élèves

        Le Lycée Juhudi est fondé en 1950 par les Sœurs de la Congrégation de Notre Dame. Anciennement appelé Institut Mère Alice, elle a organisé, à ses débuts, les enseignements Ménagers. Enrichi ultérieurement avec la section Professionnel de Coupe et Couture, c’est seulement en 1990 qu’il lui est ajouté le Cycle Long Technique. Jusqu’à ce jour, l’Ecole garde ses trois branches.
Aujourd’hui, le Lycée est dirigé par la Sœur Ruth Mwatsha. Le manque d’atelier de couture est l’une des difficultés qui tourmentent la SŒUR Préfet.

Les enfants de l’Ecole Gardienne « HAKIKA SAINT JACQUES » de la Cité GCM Mutoshi ont reçu la visite de Père Noël pour clôturer le premier trimestre, ce même samedi 18 décembre.  



Les enfants de HAKIKA

Cette école vient de voir le jour au mois de septembre dernier et est donc encore à ses balbutiements. Mais les enfants, joliment habillés, n’ont pas, quant à eux, balbutié. Ils ont fait preuve d’une éloquence exceptionnelle dans les récitations et les jeux. Ce qui a émerveillé et encouragé les parents de Mutoshi qui sont rassurés désormais de la bonne formation. Le nom Swahili de l’Ecole « Hakika », n’invite-t-il pas à l’assurance ! Merci Père Noël ou Saint Nicolas (à chacun de choisir) pour les cadeaux apportés aux mignons de HAKIKA.
Alain Kalenda Ket





dimanche 7 novembre 2010

La Sœur Marie-Armelle retourne en France


Monseigneur Christophe Remb Ey, Vicaire Général du Diocèse de Kolwezi a présidé l’après-midi de  ce dimanche  de la Toussaint (7 novembre 2010),  en la Cathédrale Sainte Barbe et Saint Eloi,  la messe d’au revoir à la Sœur Marie-Armelle. Elle est  une française de la Congrégation des Sœurs Chanoinesses de saint Augustin (Sœurs de Notre Dame). Outre une dizaine de prêtres qui ont concélébré, plusieurs religieuses et religieux et quelques pieux fidèles   sont venus entourer de leur affection la Sœur qui se prépare à retourner en France après 33 ans de vie missionnaire au Diocèse de Kolwezi.

Soeur Marie-Armelle dit au revoir ce 07 nov 2010

L’homélie du Vicaire Général s’est évertuée à faire ressortir, à la fois, l’importance de la sainteté dans la société humaine et la vie missionnaire de Marie-Armelle. Concernant la Société humaine, il a spécialement parlé de l’Europe, continent de la Sœur Marie-Armelle : « l’Europe a beau vouloir se débarrasser du   christianisme, mais sans tout à fait y parvenir parce que le sol européen est profondément imbibé de sang des martyrs chrétiens ». Quant à Marie-Armelle, le Vicaire Général a dit en substance qu’elle a été une vraie religieuse missionnaire  ayant mené une vie effacée mais efficace. Que donner à la Sœur qui va bientôt tirer sa révérence et qui s’est dévouée pendant tant d’années au service de notre société, Mgr Remb est revenu à l’Evangile des béatitudes, «  Nous lui donnons la première béatitude (restreinte) : un bouquet de notre pauvreté ».
Après la messe, une rencontre festive a été organisée dans la soirée  à Notre Dame des Lumières (Nyumba ya Heri). Il n’y a pas eu que le bouquet de la première béatitude comme cadeau offert à la sœur Marie-Armelle.
Un chant des consoeurs à Dada Marie-Armelle
LA SŒUR MARIE-ARMELLE GOURBIN
Elle est née à Hanoï au Vietnam le 18 novembre 1933. Elle est fille d’un officier militaire, Monsieur Henri Gourbin et de Marguerite Adam, tous français de Normandie. Elle a fait ses études primaires à l’Ecole Saint Sauveur-le-Vicompte. En 1968, elle interrompt ses études à cause d’une révolution des étudiants. Ayant repris ses études à la Légion d’Honneur en modernes, elle a obtenu son bac en maths. Elle a découvert les religieuses de Notre Dame à Saint Pierre-Eglise. En France, la Sœur a été professeur des Sciences, Géographie et maths. Elle est arrivée au Congo en août 1971 à Bagdolite, dans la Province de l’Equateur où elle a travaillé au Foyer Social et où elle assurait la catéchèse des enfants en lingala, a-t-elle précisé. C’est en août 1977 qu’elle débarque à Kolwezi. Un an après, elle est surprise par la guerre de 6 jours, opposant les rebelles Katangais au régime de Mobutu. Dans l’urne de ses souvenirs, elle se rappelle de biens d’autres événements vécus :  ‘’le massacre’’ des Etudiants de l’Université de Lubumbashi  en 1990, le pillage des villes en 1991,  l’effondrement du pont de Lualaba en 1992, les événements sanglants entre kasaïens  et Katangais (1992-1993) : ce qui a amené l’occupation de Notre Dame des Lumières (Lycée Mwanga) par les déplacés kasaïens. A ce moment-là, la Sœur Marie-Armelle était Supérieure de cette maison. Il y a aussi des événements heureux telles que les célébrations des Jubilés des sœurs de Notre Dame : 50 ans de la présence des sœurs à  Kinkondja ; 50 ans  de l’arrivée des Sœurs de Notre Dame à Kolwezi, la réhabilitation du bâtiment Mwanga par le Gouvernement Provincial du Katanga en 2009 ; puis dernièrement, le 22 et 23 octobre 2010 : célébration, au Lycée Mwanga, de 70 ans d’existence de la Congrégation Notre Dame en R. D. Congo.
RESPONSABILITES ET CHARGES
Dès son arrivée à Kolwezi, Marie-Armelle est professeur de couture et de religion au Lycée Technique Juhudi de la cité Manika. Par la suite, elle assurera la formation des religieuses et religieux à l’inter-noviciat des congrégations de Kolwezi. Elle a formé les sœurs de Notre Dame dans divers domaines : spiritualité, musique, liturgie, psaumes, couture, etc. Elle a été Mère-Vicaire en R. D. Congo pendant 6 ans, ensuite responsable de la Maison Notre Dame des Lumières (Mwanga) pendant plusieurs années, responsable au Noviciat… Au Diocèse, elle a travaillé dans quelques organisations : commission des délogés dans le conflit kasaïens-katangais, équipe de Protocole du Diocèse de Kolwezi, commission des ordination, à la Caritas diocésaine.

En entretien avec l'Editeur de Kolwezi News

De l’avis de tous, la Sœur Marie-Armelle est caractérisée par sa simplicité, son humilité, son silence dans l’accomplissement des différentes charges. Elle est une femme de relations, de dialogue et d’écoute. Sensible à la misère des autres, elle avait le cœur sur la main, comme on dit. Travailleuse inlassable, elle aime le travail bien fait. Appelée, Dada( grande sœur, en swahili) par ses consoeurs, Marie-Armelle avait  la confiance de toutes. Elle est restée, de ce fait, l’amie de tout le monde. Bon retour en France, Révérende Sœur.   Alain Kalenda Ket.